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Pourquoi les USA ferment-ils les yeux sur les bulldozers israéliens ?
La « Palestine » n’est plus. Appelons-la « processus de paix » ou « feuille de route » ; et reprochons-le à la faiblesse de Barack Obama, à son aveu pathétique, puéril - tel un médecin optimiste qui rend un enfant malade sans espoir de guérison à ses parents - qu’une paix au Moyen-Orient était « plus difficile » à réaliser qu’il ne l’avait imaginé. Alors même que vous lisez ces mots, les bulldozers israéliens et les ordres de démolition sont en train de réduire à néant la dernière chance de paix .
Tant les Etats-Unis que l’Europe se tiennent maintenant les bras croisés pendant que le gouvernement israélien anéantit avec zèle tout espoir d’Etat palestinien ; alors même que vous lisez ces mots, les bulldozers israéliens et les ordres de démolition sont en train de réduire à néant la dernière chance de paix ; non seulement dans le centre symbolique qu’est Jérusalem elle-même mais - et stratégiquement c’est beaucoup plus important - dans 60% des vastes terres bibliques de la Cisjordanie occupée, dans cette plus grande zone où les juifs désormais sont deux fois plus nombreux que les musulmans. Cette plus grande partie de la Cisjordanie - connue avec les défunts Accords d’Oslo sous le sobriquet sinistre de « zones C » - est déjà tombée sous une législation israélienne, véritable apartheid par décret : un ensemble de lois israéliennes qui interdisent pratiquement toute construction palestinienne ou aménagement de villages, qui enfoncent sans vergogne les maisons palestiniennes pour lesquelles les permis de construire ont été impossibles à obtenir, ordonnent la destruction même des réseaux d’assainissement que les Palestiniens ont restaurés. Les colons israéliens ne connaissent pas de tels problèmes : c’est pourquoi 300 000 Israéliens vivent maintenant - dans 220 colonies, toutes illégales selon le droit international - sur les terres palestiniennes occupées les plus riches et les plus fertiles. Quand le vieil envoyé d’Obama, George Mitchell, a repris dans l’humiliation le chemin du retour, cette semaine, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fêté son départ en plantant des arbres dans deux des trois plus grandes colonies israéliennes autour de Jérusalem. Avec ces arbres, à Gush Etzion et à Ma’aleh Adumim, il a déclaré envoyer un « message clair : nous sommes ici, nous y faisons des projets et nous y construisons ». Ces deux énormes colonies, avec celle d’Ariel au nord de Jérusalem, sont « une part indiscutable d’Israël et pour toujours ». C’était ainsi fêter la victoire de Netanyahu sur ce président américain arriviste qui avait osé défier la puissance d’Israël, non seulement au Moyen-Orient mais jusqu’en Amérique. Et pendant que le monde, cette semaine, écoutait Netanyahu commémorer la mémoire de l’Holocauste pour le génocide de six millions de juifs, injuriant l’Iran en le qualifiant de nouvelle Allemagne nazie - supposant le farfelu président d’Iran aussi maléfique qu’Hitler -, pendant que le monde l’écoutait, l’espoir d’un avenir pour la Palestine continuait de partir en miettes. Le président Ahmadinejad d’Iran n’est pas plus Adolf Hitler que les Israéliens sont des nazis. Mais la « menace » de l’Iran distrait le monde. Comme Tony Blair hier, qui essaie de se défiler devant sa responsabilité sanguinaire dans le désastre iraquien. La véritable catastrophe, pourtant, se poursuit, aux abords de Jérusalem, au milieu des terres, des collines pierreuses et des grottes ancestrales, de la plus grande partie de la Cisjordanie. Robert Fisk 8 janvier 2010 - The Palestine Telegraph - traduction : JPP mardi 9 février 2010 / Info-palestine
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