Votre accompagnateur / tanger maroc
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Comment l'amérique rejoint le tiers-monde

A quelques heures des élections américaines de mi-mandat, alors que bon nombre d'experts s'interrogent sur les raisons du désaveu qui s'abat sur le trop bien élu président Obama et tente de prendre le pouls de l'Amérique, Arianna Huffington, fondatrice du Huffington lance un pavé dans la mare avec un livre intitulé l'Amérique du Tiers-Monde. 



Sauf improbable surprise de dernière minute, les républicains s'acheminent vers une victoire aux élections de midterms et Obama vers une seconde partie de mandat des plus laborieuses. Tout en négociations serrées. Un désaveu populaire bien difficile à imaginer de ce côté ci de l'Atlantique quand on se souvient à quelle vitesse l'« élu » avait accédé au statut d'icône, prix Nobel de la Paix en prime...Tout restait à faire. C'est bien là le problème.


La France des éditorialistes qui sanglotait de bonheur à l'unisson du peuple américain, il y a tout juste deux ans, cherche à comprendre les raisons du désaveu. On s'invite entre éditorialistes. Ainsi, Jean-Pierre Elkabbach recevait ce matin un collègue américain Jonathan Mann. Le journaliste de CNN estime que les Etats-Unis traversent une « vague de colère », due notamment au taux de chômage, et que le vote des Américains serait influencé par ce climat. D'après lui, les électeurs sont confrontés à l'image d'un président Obama « affaibli », qui n'est « pas assez fort, pas assez clair, assez sévère », notamment en terme de prévention du terrorisme. Pour s'en sortir, Obama devait « convaincre » les électeurs blancs et les riches, qui sont traditionnellement les plus mobilisés lors de ces élections de mi-mandat.

Les électeurs blancs et les riches : ce serait la seule voie de recours d'Obama. Etonnant quand Barack Obama est déjà perçu ou accusé d'être un millionnaire éduqué à Harvard, qui a perdu le contact avec le citoyen moyen. La semaine de vacances dans une villa à Marbella à 6000 dollars la nuit (sans compter le trajet avec Air force one à 150.000 dollars...) que s'est offerte la First Lady au mois d'août dernier a laissé des traces. Chacun ses yachts Bolloré...La même semaine, l'Amérique « gagnait » 131.000 chômeurs.

La classe moyenne et les lobbys

A long terme, c'est moins les riches que les classes moyennes et populaires que le président Obama devra récupérer s'il espère renouveler son bail à la Maison Blanche. C'est ainsi que l'entend Arianna Huffington, fondatrice du Huffington Post et auteur du livre au titre choc l'Amérique du Tiers Monde. Dans une interview au Monde Magazine, Arianna Huffington décrit une Amérique délabrée : « Près de 100 millions d'Américains vivent dans des familles aux revenus inférieurs à ceux de leurs parents au même âge. Les enfants de parents fortunés qui ne font pas d'études ont plus de chance d'être riches que les enfants de parents pauvres qui, eux, ont entrepris des études. La classe moyenne, sur laquelle a reposé l'essor économique de ce pays, est une espèce en voie de disparition. La classe moyenne est dévastée. Et sa disparition est bien plus menaçante pour la stabilité à long terme de ce pays que la crise financière, qui a vu 3 000 milliards de dollars d'argent du contribuable versés à Wall Street. Des chiffres ? Depuis la fin de 2007, nous avons perdu plus de 8,4 millions d'emplois. Un Américain sur 5 est sans emploi ou sous-employé ».

La fondatrice du Huffington Post égrène alors la liste des infra structures défaillantes du pays : « Le système de canalisations date de la guerre de sécession ! Le réseau électrique est largement insuffisant, d'autant que la demande d'électricité a augmenté de 25 % depuis 1990. Un tiers du réseau routier peut être considéré comme insuffisant, voire médiocre. Le système ferroviaire n'a cessé de régresser depuis 80 ans et paraît grotesque en comparaison des trains ultrarapides qui traversent la France, le Japon, la Chine. Un quart des ponts est, selon le département des transports, "structurellement déficient", ou "fonctionnellement obsolète". Nos réservoirs – plus de 85 000 – présentent un réel danger ».

Secteur le plus dévasté, les écoles : « Rien n'accélère davantage notre glissade vers un statut de tiers-monde que notre échec à éduquer convenablement nos enfants. C'est pourtant par l'école que passait le rêve américain ! Et pour la classe moyenne, la route vers le succès ! Mais des études montrent que parmi 30 pays développés, les Etats-Unis se situent au 25e rang pour les maths, au 21e pour les sciences. Des résultats lamentables. 30 % des lycéens quittent l'école sans diplôme. Or on ne cesse de licencier des professeurs, de réduire le nombre d'heures de cours, voire de jours d'école. Des bourses sont supprimées alors que les frais pédagogiques augmentent. Pendant ce temps-là, des prisons ont essaimé un peu partout à une vitesse que même McDonald's pourrait envier. Trop d'écoles américaines préparent plus à la prison qu'à l'université. Quel échec ! ».

La faute au manque d'audace d'un establishment dont Obama est, malgré tout, un représentant. La faute aussi aux lobbies qui pullulent à Washington. Et la classe moyenne américaine n'est pas enregistrée au registre des lobbies...

marianne2
3.11.10 00:20


Ahmadinejad au Liban : changer les rapports de forces

 « Khosh amadid » est s’est vite affirmé comme le dernier slogan pour de nombreux Libanais lorsque des milliers de pancartes de « bienvenue » en persan sont apparues un peu partout à travers le pays.

Accueilli en héros à Beyrouth au premier jour de sa visite officielle, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a affirmé qu’Israël se dirigeait vers sa fin et il a loué la « résistance » du Liban - Photo : Keystone

C’était la semaine passée, à l’occasion de la visite de deux jours du président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

Bien que cette visite ait été présentée dans la plupart des grands médias comme « controversée » , Ahmadinejad a été invité au Liban à l’occasion de la visite en Iran en 2008, du président libanais Michel Suleiman. Une grande partie des médias se sont focalisés sur la relation étroite entre l’Iran et le mouvement du Hezbollah, parti politique chiite islamique libanais et organisation de la résistance armée.

Depuis la création du Hezbollah au début des années 1980, l’Iran a financé le groupe, lui fournissant armes et entraînement militaire. Ce soutien est l’un des facteurs qui ont fait du Hezbollah la force de résistance armée la plus efficace à ce jour contre Israël .

Alors que beaucoup se réjouissaient de la visite de M. Ahmadinejad, la première au Liban depuis qu’il a été élu en 2005, d’autres estimaient qu’elle était accompagnée par un grand nombre d’exagérations et de critiques inutiles. Hassan, un chauffeur de taxi dans le quartier Dahiyeh à Beyrouth, disait : « Quel est le problème ? C’est le dirigeant d’un pays qui rend visite à un autre. Si Sarkozy venait ici aujourd’hui il n’y aurait pas de problème. C’est seulement quand il est question du Hezbollah que le monde fait attention au Liban. »

Bien que fervent partisan du Hezbollah, Hassan ajoute qu’il n’est pas particulièrement enthousiasmé par la visite du leader iranien. Il est cependant heureux « qu’il soit enfin question du problème de l’électricité ! »

Le Liban reste en proie à des questions de fourniture d’électricité et à des problèmes avec d’autres services fournis par l’État, les coupures d’électricité quotidiennes allant de trois heures dans la capitale à huit heures, sinon plus, en dehors de la ville. Ce problème a été considérablement aggravé au cours de la guerre de juillet 2006 lorsqu’Israël a attaqué les centrales énergétiques à travers le pays.

Pour certains, le point culminant de la visite d’Ahmadinejad a pris la forme d’un prêt de 450 millions de dollars pour soutenir le secteur de l’énergie au Liban et les projets de gestion de l’eau. Al-Jazeera avait rapporté plus tôt que Gebran Bassil, ministre de l’eau et de l’énergie du Liban, avait souligné que « tous les avantages de cette visite seront pour tous les Libanais », sans qu’il soit question d’un groupe politique ou d’un autre.

Déplacer les rapports de forces dans la région

Le Liban a été la raison pour laquelle beaucoup de batailles politiques et militaires ont été menées dans la région ces dernières années. Après une présence militaire de près de trois décennies au Liban, la Syrie a été forcée de retirer ses forces après que l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri ait été assassiné - avec 21 autres personnes - dans un attentat à la voiture piégée en 2005. Beaucoup d’hommes politiques ont rapidement accusé la Syrie d’être responsable de l’assassinat, dont le fils de Rafic Hariri et actuel premier ministre libanais, Saad Hariri.

C’est à ce moment-là qu’est née l’alliance du 14 mars, alors au pouvoir, soutenue par l’occident et dirigée par le mouvement du Futur d’Hariri - principalement soutenu par les sunnites - et qu’est né dans le même temps le mouvement du 8 mars dirigé par le Hezbollah.

Trois ans plus tard, en mai 2008, alors que la situation politique au Liban était dans l’impasse, des affrontements internes ont éclaté entre les différents groupes politiques ; affrontements qui ont été presque immédiatement réprimés par la force militaire et dominante du Hezbollah.

Les élections parlementaires qui ont suivi un an plus tard puis de longues négociations au Parlement ont abouti à la nomination de Saad Hariri comme nouveau premier ministre à la tête d’un gouvernement d’union nationale incluant le Hezbollah. Assumant son nouveau rôle, M. Hariri a rapidement conduit un processus de rapprochement avec la Syrie, et il a rétracté en septembre de cette année les accusations selon lesquelles la Syrie était derrière l’assassinat de son père.

Amal Saad-Ghorayeb, auteur du Hezbollah : Politique et Religion et chercheur à l’Institut de Doha, voit dans ces différents événements comme la cause d’un changement de pouvoir, non seulement au Liban mais dans toute la région : « Le résultat de la guerre de juillet [la victoire du Hezbollah en 2006], a été la formation d’un gouvernement d’union nationale, qui à son tour, a été la conséquence de la performance militaire du Hezbollah lors des affrontements de mai 2008, tous ces facteurs renforçant le Hezbollah et par conséquent, la position de l’Iran au Liban. »

« La visite d’Ahmadinejad a démontré que le Liban n’est plus dans l’orbite des États-Unis », estime Saad-Ghorayeb. « Il est vrai, que [le Liban] n’est pas non plus dans l’orbite iranienne, compte tenu du refus par l’alliance du 14 mars d’un accord de défense avec l’Iran, mais la visite a marqué un net écart par rapport à l’axe des régimes arabes dits ’modérés’ et soutenus par les Etats-Unis. »

Et elle ajoute : « Ceci est particulièrement vrai compte tenu des objections répétées des Etats-Unis et d’Israël - sans parler des menaces - à l’occasion de la visite [du président Ahmadinejda] ».

Cette évolution est devenue tangible lorsque le roi saoudien Abduallah et le président syrien Bachar al-Assad se sont rencontrés au Liban plus tôt cet été. Pour beaucoup, la Syrie, l’Iran et des groupes comme le Hezbollah au Liban et le Hamas en Palestine occupée représentent « l’axe de la résistance », tandis que l’Arabie saoudite et de nombreux gouvernements et groupes politiques de la région soutenus par l’Occident constituent « l’axe modéré ».

Les États-Unis ont longtemps affirmé vouloir négocier la paix au Liban et dans la région, mais nombreux sont ceux ici qui les considèrent comme un négociateur malhonnête qui apporte un soutien militaire et diplomatique massif et quasi inconditionnel à Israël, et cela alors même qu’Israël dévastait le Liban par ses bombardements en juillet-août 2006.

En un contraste frappant avec les Etats-Unis qui considèrent le Hezbollah comme une « organisation terroriste », Ahmadinejad a soigneusement évité lors de sa visite de montrer un soutien particulier à un côté ou à autre dans l’éventail politique libanais. Au lieu de cela, il a cherché à tendre la main aux Libanais de l’ensemble du spectre politique. Il a loué Hariri au cours des rassemblements organisés par le Hezbollah, en dépit de quelques fortes huées dans la foule à la seule mention de nom du premier ministre.

Saad-Ghorayeb compare les stratégies des deux pays. « En contraste avec les responsables américains lors de leurs visites au Liban et avec ceux qui sont à Washington, Ahmadinejad s’est abstenu d’explicitement intervenir dans les affaires libanaises ou de faire des déclarations incendiaires supportant un côté contre l’autre. Il serait inconcevable que les puissances occidentales qui soutiennent le mouvement du mars 14 fassent preuve de la même courtoisie à l’égard des forces d’opposition au Liban. »

Soutien à la résistance

Durant la deuxième et dernière journée de sa visite, M. Ahmadinejad s’est rendu dans la ville de Bint Jbeil au sud-Liban, où une manifestation a été organisée, des dizaines de milliers de supporters du Hezbollah étant ravis d’accueillir le président iranien. C’était le lendemain d’un autre rassemblement de même importance et organisé par le Hezbollah à Dahiyeh.

« Le Liban est l’école de la résistance et de la fermeté contre les forces de l’intimidation dans le monde, » a déclaré Ahmadinejad devant la foule à Dahiyeh. Il a exprimé un sentiment similaire à Bint Jbeil : « Je vous salue, peuple de la résistance ... nous sommes fiers de vous et nous resterons pour toujours à vos côtés. »

Sachant que Ahmadinejad gagnerait un large soutien au Liban en défendant la résistance, les gouvernements américains et israéliens ont fait des déclarations condamnant la visite du président iranien comme une « provocation » avant même qu’il se soit déplacé. Un parlementaire israélien a appelé à l’assassinat du président iranien lors de sa visite au Liban.

Apparemment sans se soucier de ces menaces, les organisateurs de ce rassemblement [à Dahiyeh] ont lancé des milliers de ballons rouges, blanc et vert (les couleurs du drapeau iranien) qui ont ensuite dérivé vers le sud jusqu’à la frontière israélienne à trois kilomètres de là, un acte symbolique de défi vis-à-vis des pressions des États-Unis et d’Israël.

Lors du rassemblement à Bint Jbeil, une jeune femme d’un village dans le sud qui a refusé de donner son nom, a dit : « Regardez les avions de guerre israéliens passant dans le ciel toute la journée. Il existe une autre histoire de cette région [que celle présentée par] les médias occidentaux, c’est celle de l’occupation et cette histoire doit être connue. »

Elle faisait référence aux 22 années d’occupation israélienne du sud du Liban. Il est aujourd’hui établi que c’est cette occupation qui a créé les conditions de la fondation du Hezbollah comme organisation armée avec pour but de résister à Israël. Le Hezbollah a été célébré au Liban et dans tout le monde arabe comme un vainqueur en 2000, lorsque Israël a dû unilatéralement retirer ses forces d’occupation, et il a été célébré à nouveau en 2006, lorsque Israël a été vaincu après 34 jours de guerre totale contre le Liban.

Le rôle du Hezbollah le distingue de tous les autres groupes politiques au Liban. Dans un pays profondément divisé entre des lignes sectaires et politiques, la résistance à Israël est probablement l’une des rares causes pouvant encore réunir une majorité de Libanais.

 Matthew Cassel

21 octobre 2010 - The Electronic Intifada - Vous pouvez consulter cet article à :
http://electronicintifada.net/v2/ar...
Traduction de l’anglais : Naguib

 Info-palestine vendredi 29 octobre 2010 -Matthew Cassel - The Electronic Intifada

30.10.10 01:37


Pour en finir avec la logique de guerre et de domination !

En tant qu'organismes québécois voués à la défense et à l'élargissement des droits civils et politiques, économiques, sociaux et culturels, ici et partout dans le monde,

En tant que citoyennes et citoyens du Québec épris de paix et de justice et soucieux de développer des relations internationales de coopération fondée sur l'égalité et la solidarité,


1. NOUS SOMMES INDIGNÉ-ES

  • de la spirale guerrière et antidémocratique dans laquelle le Canada s'enfonce de plus en plus ;
  • de la participation du Canada, depuis octobre 2001, à une guerre d'occupation en Afghanistan qui sème mort et destruction sous prétexte de lutte pour la démocratie, la sécurité et les droits des femmes dans ce pays et qui s'étend maintenant au Pakistan ;
  • du vote du Parlement canadien prolongeant cette intervention au moins jusqu'en juillet 2011, à l'encontre de la volonté de la majorité de la population ;
  • de l'allocation à cette logique guerrière de fonds publics sans cesse croissants (au Canada seulement, 58 millions de dollars par jour en 2009-2010) au détriment des dépenses sociales et d'une véritable aide au développement ;
  • de la complicité du Canada avec la torture, tant celle des Afghans faits prisonniers dans les combats que celle de certains citoyens canadiens dans des prisons étrangères ;
  • de la militarisation de la société canadienne qui engendre l'augmentation de la violence, notamment envers les femmes ;
  • de la campagne de peur axée sur une menace terroriste exagérée pour justifier la guerre et plusieurs mesures de surveillance et de répression qui érodent nos droits et libertés ;
  • de l'omniprésence des activités de relations publiques de l'armée canadienne dans les grands événements sportifs, sociaux et familiaux et de leurs campagnes de recrutement dans les institutions d'enseignement jusque dans les écoles primaires ;
  • des conséquences socio-environnementales de plus en plus graves des guerres et des entraînements militaires ;
  • de la militarisation croissante de l'Arctique, qui va de pair avec des projets économiques néfastes pour l'environnement et la négation des droits des peuples autochtones.


2. NOUS DÉNONÇONS LES « VA-T-EN-GUERRE » ICI MÊME AU CANADA :
  • les gouvernements canadiens successifs, libéraux et conservateurs, qui nous ont entraînés dans cette dynamique et ont justifié la guerre avec des faux arguments ;
  • les grands milieux d'affaires - Conseil canadien des chefs d'entreprises en tête - qui n'y voient que des occasions de profits, notamment pour l'industrie militaire ;
  • les partis politiques qui mettent en oeuvre des politiques guerrières ou qui ne s'y opposent que du bout des lèvres ;
  • les grands médias qui véhiculent peu l'opposition de la majorité de la population à la guerre et ne présentent pas ses conséquences tragiques pour les populations civiles.

3. NOUS REJETONS CATÉGORIQUEMENT le faux discours de la « guerre contre le terrorisme » et l'implication militaire, directe ou indirecte, du Canada aux côtés des États-Unis dans le cadre d'une politique visant à étendre leur hégémonie à l'ensemble de la planète et caractérisée par :
  • plusieurs guerres déclenchées et menées en violation du droit international, dont le droit humanitaire international : Kosovo en 1999, Afghanistan en 2001, Irak en 2003, Liban en 2006, Gaza en 2009 ; et d'autres appréhendées, contre l'Iran et la Corée du Nord, que l'on menace même de frappes nucléaires ;
  • le détournement du Conseil de sécurité qui ne condamne ni ces agressions illégales, ni les crimes de guerre qu'elles entraînent, ni les projets flagrants de mainmise étrangère mis en oeuvre par les agresseurs à l'encontre du droit international ;
  • l'élargissement provocateur de l'OTAN vers l'Est et sa double transformation en tant que bras armé de l'hégémonie étasunienne intervenant partout dans le monde et en tant que mandataire de l'ONU, jetant ainsi un profond discrédit sur l'ONU aux yeux de l'opinion publique mondiale ;
  • les menaces et les plans de déstabilisation à l'égard de certains pays qui refusent de se soumettre au « Nouvel ordre mondial » imposé par les États-Unis ;
  • la relance d'une course aux armements, y compris le développement de nouvelles armes nucléaires et une militarisation accrue de l'espace.

4. NOUS APPELONS LA POPULATION QUÉBÉCOISE À SE MOBILISER pour contribuer à renverser cette dynamique mondiale destructrice en exigeant du Gouvernement du Canada :
  • le retrait immédiat des troupes canadiennes de l'Afghanistan ;
  • la réduction importante des dépenses militaires et la tenue d'un vaste débat public sur la politique étrangère canadienne, le rôle de l'armée, l'industrie militaire et le commerce des armes ;
  • la fin du partenariat militaire avec les États-Unis, y compris le retrait du Canada de l'OTAN ;
  • la fin de son discours d'instrumentalisation des droits des femmes et de promotion de la « responsabilité de protéger » pour justifier la guerre et la condamnation ferme de toute intervention non conforme au droit international ; et de la communauté internationale :
  • le renouvellement démocratique de l'ONU, notamment par le respect intégral de sa Charte, le renforcement du rôle de l'Assemblée générale et une réforme en profondeur du Conseil de sécurité dont l'abolition du droit de veto ;
  • l'application de la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l'ONU concernant l'implication des femmes dans la prévention et le règlement des conflits ainsi que les processus de paix
mardi 26 octobre 2010

pressegauche
30.10.10 01:30


Maroc : Le gouvernement doit faire cesser les abus liés aux arrestations dans le cadre de la loi ant

Les suspects subissent des détentions au secret et illégales, ainsi que des mauvais traitements en garde à vue

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Des manifestants devant le siège de la Direction du Surveillance du Territoire (DGST) à Témara, au sud de la capitale marocaine Rabat, le 27 juillet 2004. Ces manifestants accusaient la DGST de disposer d'un centre de détention secret, dans lequel certaines personnes arrêtées dans le cadre de la loi antiterroriste seraient soumises à des actes de torture.

Human Rights Watch prépare une réponse exhaustive  aux arguments exposés par le gouvernement, qui ne lui sont parvenus que le 18 octobre, mais a d'ores et déjà fait les observations suivantes :

  • Les récits fournis par les familles, souvent appuyés par des témoins, concernant l'arrestation de suspects plusieurs jours et parfois plusieurs semaines avant la date de détention officiellement enregistrée, sont crédibles en raison de leur cohérence et des précisions apportées. Les affirmations des familles selon lesquelles les autorités ne les ont pas averties avant plusieurs jours ou semaines, alors même que nombre d'entre elles se sont rendues aux postes de police et aux parquets pour s'enquérir du sort de leurs proches ou pour les porter disparus, sont également crédibles.
  • La plupart, sinon la totalité, des détenus présentés dans le rapport n'ont vu un avocat qu'après avoir signé leur déclaration de police - et donc, pour nombre d'entre eux, deux semaines ou plus après avoir été placés en détention. Au moins l'un des détenus - le fils d'un avocat - a dit à Human Rights Watch que sa demande à la police d'un avocat est restée sans réponse. Un système dans lequel les autorités interrogent des personnes placées en détention au secret et où la plupart des détenus voient un avocat pour la première fois après avoir signé une déclaration de police, ne respecte pas, de fait, la norme internationale garantissant aux suspects un accès rapide à un avocat.
  • Certains détenus ont déclaré que la police avait usé de menaces pour les amener à signer les déclarations sans les lire. D'autres ont signé parce que, disaient-ils, ils ont senti qu'ils n'avaient pas le choix ou parce qu'ils étaient épuisés. En outre, on peut se demander si une signature est volontaire lorsque le suspect a été maintenu pendant plusieurs jours ou semaines en détention au secret, n'a pas vu un avocat, et a peut-être été torturé ou maltraité. Et contrairement à ce qu'affirme le gouvernement, ces déclarations fournissent bien les principaux éléments de preuve sur lesquels les tribunaux s'appuient pour condamner de nombreux suspects dans le cadre de la loi antiterroriste, selon les dires de nombreux avocats de la défense.
  • Human Rights Watch n'a pas accès aux dossiers judiciaires dans les cas qui sont encore devant le juge d'instruction, pour savoir si les détenus ou leurs avocats ont soulevé des allégations de torture ou de mauvais traitements pendant les interrogatoires. Dans certains cas, leurs avocats ont confirmé à Human Rights Watch qu'ils avaient bien signalé les allégations auprès du juge d'instruction, et que les notes de séance mentionnent la plainte. Dans les affaires où les procès sont terminés, Human Rights Watch n'a pas connaissance que les tribunaux, au-delà de noter la plainte, ont ensuite enquêté sur les plaintes ou rejeté les « aveux » de l'accusé. Des avocats de la défense ont indiqué que même s'ils ont légalement le droit de réclamer un examen médical pour déterminer s'il y a eu torture, une telle demande aurait peu d'utilité en raison du temps écoulé - assez longtemps pour que des traces de torture disparaissent.

Contexte

Il y a près de quatre ans, le roi Mohammed VI a accepté le rapport final de l'Instance équité et réconciliation (IER) du Maroc, une commission de vérité qui a effectué un travail innovant sur la reconnaissance et la réparation  des « disparitions » et autres violations graves de la part du gouvernement dans les dernières décennies. Non moins important, la commission a formulé des recommandations au gouvernement pour prévenir et réprimer les abus futurs, dont bon nombre n'ont pas encore été mises en œuvre.

Dans la période précédente, des centaines de personnes enlevées par des agents de l'État « ont disparu » pour toujours et sont présumées mortes. Dans le schéma actuel, la personne « enlevée » réapparaît au bout de plusieurs semaines, voire plus tôt, en garde à vue.

Même si les abus eux-mêmes sont peut-être moins graves que par le passé, le mépris de la loi par les forces de sécurité n'en est pas moins flagrant. Nombre des victimes de ces pratiques illégales purgent actuellement de longues peines de prison, après des procès inéquitables. Les autorités marocaines se sont largement abstenues de mener des enquêtes sur les allégations crédibles et répétées de violations des lois régissant l'arrestation et la détention de suspects, d'éradiquer ces pratiques et d'exiger des comptes à leurs auteurs.

« Le Maroc dispose de nombreuses lois rigoureuses pour éviter les abus, mais en omettant de les appliquer pour mettre fin à ces arrestations et détentions au secret illégales, le gouvernement sape non seulement l'État de droit mais aussi l'héritage de l'Instance équité et réconciliation », a conclu Sarah Leah Whitson.

Human Rights Watch a recommandé que le gouvernement :

  • Veille à ce que tous les agents de l'État, lorsqu'ils placent une personne en détention, fournissent toujours à cette personne une preuve de leur affiliation auprès d'une agence habilitée à procéder à des arrestations, et exposent le motif de l'arrestation de cette personne.
  • Fasse respecter toutes les lois marocaines régissant la détention en garde à vue par l'ouverture d'enquêtes partout où il y a des preuves que la police ou d'autres agents de l'État ont pu garder un suspect pendant une période quelconque en dehors d'un lieu de détention officiellement reconnu, délibérément enregistré une fausse date d'arrestation afin de dissimuler une détention en garde à vue au secret ou prolongée illégalement, refusé à un suspect l'accès à un avocat, ou omis de présenter le suspect devant un juge dans les délais prescrits par la loi.
  • Exige des comptes aux policiers qui procèdent à des arrestations et omettent d'informer sans délai la famille de l'arrestation et de l'endroit où se trouve un suspect, conformément à l'article 67 du Code de Procédure pénale.
  • Autorise les organisations non gouvernementales de défense des droits humains nationales et internationales à se rendre dans tous les lieux de détention, y compris celui situé à Témara.
27.10.10 01:40


L’horreur de la récolte des olives en Palestine

« Son combustible vient d’un arbre béni : un olivier ni oriental ni occidental dont l’huile semble éclairer sans même que le feu ne la touche. » Quoran 24:35

 

« Et quand il eut allumé les torches, il les lâcha dans les moissons des Philistins et brûla aussi bien les gerbes que le blé sur pied et même les vignes et les oliviers. » Juges 15:5

Les oliviers et l’huile d’olive symbolisent au plus haut degré la terre, l’identité et la culture palestinienne. Ils sont l’emblème de la fierté nationale et le coeur véritable de l’économie agricole.

Bien que la domination et les humiliations quotidiennes de l’occupation de Jérusalem Est et de la Cisjordanie prennent toutes sortes de formes - les fouilles humiliantes aux checkpoints ; les arrestations et interrogatoires de mineurs ; les retards imposés aux ambulances qui amènent les malades à l’hôpital ; l’expulsion des familles et la démolition de leurs maisons - peu d’actes sont plus préjudiciables et plus désolants que l’incendie des champs d’olivier par des colons membres de groupes d’autodéfense.

La récolte des olives a commencé officiellement vendredi dernier dans les territoires occupés de Cisjordanie et les coups de feu à balle réelle ont salué son ouverture. Des centaines d’arbres ont été brûlés par les colons israéliens sous l’oeil des soldats israéliens. Ils ont empêché les véhicules des pompiers de venir éteindre le feu. Cela est devenu un rituel annuel de spoliation de la terre par ceux qui se sont illégalement installés en Cisjordanie.

En même temps que la récolte commençait, l’Agence d’Aide Internationale Oxfam a publié à Jérusalem son rapport « La route vers la production d’olives : Les défis pour développer la production d’huile d’olive en Cisjordanie ».

Oxfam indique que la production d’huile d’olive apporte quelque 100 millions de dollars par an aux familles et aux communautés les plus pauvres et les plus démunies de Cisjordanie. C’est la source principale de revenus de l’économie et presque la moitié de la terre cultivable y est consacrée. C’est aussi la principale source d’exportation du territoire et l’importance des oliviers et de la fabrication d’huile d’olive qui procurent du travail et des revenus à 100 000 fermiers palestiniens ne peut être exagérée.

Cependant le gouvernement israélien interdit délibérément l’accès des terres où les fermes d’oliviers sont situées.

« Des barrières physiques, comme des checkpoints ou des gros blocs de pierres empêchent le libre déplacement des personnes et des marchandises et interdisent aux Palestiniens l’accès de leurs produits agricoles, y compris des olives et de l’huile d’olive, au marché israélien et international » stipule le rapport.

Il recommande aussi de sanctionner les attaques des colons israéliens contre les champs d’oliviers qui vont de voler les olives, brûler ou arracher des dizaines de milliers d’oliviers à attaquer les fermiers pour les empêcher de récolter les olives.

« Les attaques contre les fermiers d’olives palestiniens et leur harcèlement par les colons sont monnaie courante. »

Et vendredi dernier n’a pas fait exception. Comme l’a rapporté d’AFP, les colons sont descendus sur les champs d’oliviers avec des armes automatiques et ont incendié les arbres en psalmodiant : « dehors, dehors. »

Bien que le niveau de violence cette année-ci soit un des plus hauts, il est plus que probable qu’aucun colon ne sera poursuivi.

Selon une étude réalisée par l’Organisation pour les Droits Humains, Yesh Din, qui porte sur cinq ans et qui recense 97 cas de vandalisme de terre palestinienne, les enquêtes de police n’ont mené à aucune poursuite. « Les autorités légales ne font rien du tout en ce qui concerne le dommage causé aux moyens d’existence des Palestiniens » affirme l’auteur du rapport Yior Lavne.

Détruire l’héritage culturel et les ressources économiques d’un peuple sont des pratiques odieuses. Partout ailleurs la profanation intentionnelle et délibérée de la terre et le sabotage des moyens d’existence d’un peuple seraient considérés comme un crime de guerre.

Il est temps que la communauté internationale qualifie ainsi ce qui s’est passé en Cisjordanie la semaine dernière.

Aidez les fermiers palestiniens en achetant leur huile à un prix honnête.

* Rannie Amiri est en expert indépendant du Moyen Orient.

Consultez le site du Philistin

 

 

23 octobre 2010 - CounterPunch - Pour consulter l’original :
http://www.counterpunch.org/amiri10...
Traduction de l’anglais : Dominique Muselet

 25 octobre 2010 - Rannie Amiri - Counterpunch - Info-palestine

27.10.10 01:32


Rapport du 2eme séminaire Cadtm Ayna « propositions souveraines et alternatives sociales face à la d

Les 16 et 17 septembre s'est tenu à Buenos Aires en Argentine, le second séminaire du réseau CADTM AYNA intitulé « propositions souveraines et alternatives sociales face à la dette ». Cet espace de discussion a permis d'analyser les tendances récentes de l'évolution de l'endettement public au niveau régional et de mettre en avant la prise de mesures souveraines comme un élément clé dans la lutte contre le système d'oppression de la dette.

Les activités ont commencé le 16 septembre avec une présentation de Daniel Munevar (CADTM Belgique) sur la dynamique de la dette publique en Amérique latine au cours de la dernière décennie. Celle-ci a montré le changement dans la composition de la dette publique qui a eu lieu dans une grande partie des pays de la région où l'émission de dette publique interne s'est convertie en instrument principal de financement des Etats. Ce phénomène est important pour comprendre la stabilité relative de la région face aux assauts de la crise financière.

Par la suite, William Gaviria (CADTM Colombie) et Paulino Nuñez (CADTM Venezuela) ont poursuivi la discussion sur le panorama régional de la dette en se concentrant sur la région andine. Pendant que William Gaviria présentait l'impact négatif du paiement de la dette sur la prestation de services publics par le renforcement du modèle néo-libéral et militariste en Colombie, Paulino Nuñez a parlé de la nécessité de la part du gouvernement du Venezuela de prendre des mesures plus fortes contre la dette et les traités de double imposition. Les deux conférenciers ont signalé l'importance d'un énergique rejet de la présence militaire nord-américaine en Colombie du fait de la menace qu'elle représente pour la paix régionale.

Au cours de l'après-midi, les présentations ont continué avec un Panel sur le CIRDI et les traités bilatéraux d'investissements auquel ont participé Aristides Corti et Luciana Ghiotto tous deux d'Argentine. Les conférenciers ont présenté les problèmes en termes de perte de souveraineté des tribunaux d'arbitrage, dans lesquels les Etats se retrouvent presque sans exception toujours désavantagés vis-à-vis de la partie adverse du secteur privé. Ils se sont donc montrés sceptiques face à l'établissement d'un tribunal régional d'arbitrage dans le cadre de la nouvelle architecture financière (NAF) régionale. Ils ont en même temps souligné la nécessité de l'adoption de mesures souveraines pour faire face aux investisseurs internationaux qui avec leurs opérations ont affecté le bien-être de la population locale en rappelant que lorsque s'achèvent les Traités bilatéraux sur l'investissement il y existe une période de 10 ans au cours de laquelle les Etats restent soumis aux conditions de ces contrats.

Les panels du jeudi se sont terminés avec une discussion sur la NAF à laquelle ont participé Carlos Marichal du Mexique et Julio Gambina d'Argentine. Carlos Marichal a réalisé sa présentation sur la question de la démocratie économique. A son avis, le manque de conscience des citoyens vis-à-vis des principales dynamiques économiques affaiblit leur participation quant à la prise de décision de politique économique. Il en découle une limitation de leur possibilité d'exercer leurs droits démocratiques. Sa proposition consiste à tenter de vulgariser la thématique de l'intégration régionale vis-à-vis du citoyen ordinaire par un travail de sensibilisation pour renforcer l'appui politique à ce genre d'initiative. Julio Gambina n'a pour sa part pas hésité à signaler que le principal obstacle auquel fait face la Banque du Sud et le Sucre réside dans le manque de volonté politique de la part de certains gouvernements de la région à laquelle s'ajoute l'opposition totale de la part de la technocratie en charge desdits projets. Seule la mobilisation populaire peut surmonter ce blocage.

Le vendredi 17 a commencé par la présentation des résultats de la Commission parlementaire sur la dette du Brésil par un de ceux qui en ont été à l'initiative, Rodrigo Avila. Son intervention s'est centrée sur l'explication des mécanismes techniques qui ont permis d'obtenir l'appui politique pour mettre en place cette Commission. Dans cette optique, il a signalé que alors que l'audit est terminé, il s'agit seulement du premier pas pour rétablir le contrôle citoyen sur les finances publiques du pays. Le pas suivant dans la lutte consiste à initier des processus de poursuites à l'encontre de ces individus qui ont commis des illégalités dans l'endettement du Brésil. Rodrigo Avila a mentionné que l'appui international aux travaux de la Commission parlementaire sur la dette doit se poursuivre tout au long des prochains mois.

Par la suite une discussion s'est tenue sur le processus d'audit d'Itaipu-Yacireta au Paraguay et l'appui apporté par le CADTM à ce processus. Le point central de la discussion a consisté à analyser les mécanismes par lesquels on peut souligner l'importance de réaliser en Argentine un processus d'audit par rapport à l'entreprise binationale Paraguay - Argentine de Yacireta. Comme le cas du Brésil l'a démontré c'est la pression nationale et internationale qui a ouvert la voie à ce que la Cour des comptes du Paraguay entame un travail de révision des documents relatifs à l'entreprise binationale Itaipu, ce qui représente un premier pas pour la réalisation d'un éventuel processus d'audit intégral de la dette. Le CADTM s'est engagé à fournir de l'information régulière sur le thème, de telle manière que les mouvements sociaux argentins puissent l'utiliser pour créer de la pression sociale et politique sur la question.

Pendant l'après-midi, la discussion s'est centrée sur la dynamique récente de la dette publique en Argentine et comment promouvoir l'organisation d'une nouvelle Commission parlementaire d'audit de la dette qui tienne compte du rapport Olmos. Les panels étaient composés de Mario Cafiero, Isaac Rudnick, Claudio Katz, Eduardo Lucita, Alejandro Olmos et le parlementaire Eduardo Macaluse. Ce premier groupe de présentation s'est centré sur la description de la dynamique de la dette publique en Argentine au cours de la dernière décennie ainsi que l'impact du défaut sur le modèle économique du pays. Ce débat a lieu à un moment où on peut entrevoir la possibilité de l'utilisation des réserves externes pour le paiement de la dette publique externe. Les conférenciers étaient d'accord pour signaler que si le paiement de la dette réduit la fragilité externe du pays, son coût associé à l'utilisation de ces ressources dans un contexte marqué par des mobilisations sociales et avec l'antécédent de l'illégitimité et de l'illégalité de la dette argentine établie par la Commission Olmos est inacceptable.

Le second groupe de conférenciers composé d'Alejandro Olmos et du parlementaire Eduardo Macaluse a traité des aspects juridiques et politiques de la dette argentine. Olmos a souligné que le caractère illégal de la dette argentine avait été clairement établi. Sur la base de son expérience dans la Commission d'audit de l'Equateur il a mentionné que l'appui et la pression politique de la société civile est fondamental pour mener à bien un processus d'audit jusqu'à son terme attendu c'est-à-dire l'annulation des contrats illégaux et les poursuites juridiques contre les responsables de ces irrégularités. Le parlementaire Macaluse a pour sa part montré sa volonté de mener à bien le cas au sein du parlement argentin et a demandé l'appui des différents partis politiques et mouvements sociaux présents dans la réunion pour parvenir à placer le thème de la dette dans l'agenda politique national.

Les activités du IIe séminaire du réseau CADTM AYNA se sont conclues par un panel avec Eric Toussaint du CADTM Belgique et Atilio Boron d'Argentine. Le président du CADTM Belgique a partagé avec le public sa récente expérience de participation à l'Assemblée générale de l'ONU le 15 septembre. Après un bref compte-rendu de son intervention, Eric Toussaint a parlé de l'importance de réaliser des mesures d'audit et la prise de mesures souveraines pour s'opposer au système d'oppression de la dette. Etant donné le rôle de premier plan du débat sur la dette et l'austérité dans l'agenda du réseau CADTM Europe, le conférencier a affirmé que la prise de mesures comme l'audit de la dette en Equateur représentent un modèle pour le monde, ce qui place la région à l'avant-garde des luttes sociales contre la dette. Atilio Boron a pour sa part parlé de la situation sociale et politique que traverse l'Amérique latine et l'importance des processus alternatifs en cours au niveau régional pour la mise en oeuvre de politiques progressistes qui conduisent à l'annulation de la dette externe.

De cette manière l'événement s'est terminé sur une note positive en se constituant en un point de rencontre au niveau national en Argentine et au niveau régional pour promouvoir et renforcer le travail des mouvements sociaux pour l'élimination de la dette publique de l'Amérique latine. Le IIIe séminaire du réseau CADTM AYNA a été convoqué pour le mois de septembre 2011 pour poursuivre ce type de synergie avec les mouvements sociaux.

P.-S.

Traduction : Virginie de Romanet

cadtm

27.10.10 01:29


Ce monde-là

Ce monde-là, je vous le laisse
De policiers, de flics, de gardiens, de prisons, de caméras de surveillance,
De radars, de grilles étouffant les maisons, de portails électroniques,
D’interphones, de codes.
Ce monde de mouchards et de mouchoirs.
Ce monde-là, je vous le laisse
De Sans Abris, de SDF, de Mal Lotis, de Mal Logés, de Mal en Peine, de Mal en Pis.
De chômeurs, d’assistés, de mendiants dont on ne sait plus les noms.
Ce monde où l’on recueille les gens la nuit pour les rendre à la rue au matin.
Où les jeunes sont déjà vieux.
Où des igloos de toiles bleues essaiment en toutes saisons en bords de Seine.
Ce monde-là, je vous le laisse
De désespérés, d’émigrés, immigrés, quel est la différence posée sur le
Dénominateur commun de l’exclusion.
Immigrés qui s’entassent à l’entrée de la Manche en rêvant du paradis anglais.
Immigrés ayant accompli le voyage initiatique du malheur.
Survivants, prisonniers de Centres de Rétention, incontrôlables, incontrôlés.
Suicidés, défenestrés.
La Mort, plutôt qu’une Reconduite à la Frontière.
Ce monde-là, je vous le laisse
D’oppressions, d’arrestations, d’humiliations, de fonctionnaires complices,
D’interdits, de journalistes muselés.
De mainmise sur la presse – monopoles - de mainmise sur l’audio-visuel, sur l’odieux.
De terroristes, de terrorisme, qui ne sont que la face cachée de l’iceberg,
Qui ne sont que le Titanic, répétant inlassablement le naufrage sanglant
De l’histoire.
Ce monde-là, je vous le laisse

Il n’est pas le mien.
Ce monde où il vaut mieux être chien ici,
Plutôt qu’hommes, femmes, enfants de la boue, ailleurs.
Ce monde où nous n’avons plus que nos plumes
Pour épées.
Ce monde virtuel et futile où le bonheur de vivre
Est vendu aux enchères chaque jour.
Ce monde
Il est désespérément le mien.

Denise BERNHARDT,
le 1er Décembre 2008,
Montmorency - FRANCE

23.10.10 02:04


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