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Les massacres de San Fernando : La guerre de la drogue aux dépens des pauvres (counterpunch)
Un homme blessé, couvert de sang et fou de terreur est arrivé à un barrage militaire de San Fernando, Tamaulipas, 150 km au sud de Brownsville, Texas, avec une histoire horrible. Cet équatorien qui apparemment avait reçu une balle dans le cou et dont le but était d'émigrer aux USA a emmené des membres des Forces Navales Mexicaines voir un spectacle encore plus épouvantable. ![]() Soixante-douze émigrants d'Amérique Centrale, du Brésil et de l'Equateur étaient empilés les uns sur les autres dans une grande pièce, tous tués par balles. Selon le témoignage de l'homme, il semble que les 58 hommes et les 14 femmes assassinés avaient refusé de satisfaire les demandes d'extorsion d'un cartel de drogue que le président Calderon a identifié comme étant certainement les Zetas. Selon la loi "plata o plomo" (l'argent ou des balles), la loi du crime organisé, les émigrants ont donc reçu des balles. Il est probable que les émigrants ont été tués par le plus brutal gang de drogues du Mexique. Mais ils sont aussi morts à cause de la politique conjointe américano-mexicaine qui engendre la violence et qui a conduit à un degré de violation de la loi et de brutalité au sud de la frontière qu'on n'aurait jamais pu imaginer auparavant. La politique d'immigration et commerciale des USA ainsi que la guerre de Mexico contre la drogue soutenue par les USA et la crise des droits de l'homme ont tous à la fois joué un rôle dans leur mort. Les noms des 72 émigrants seront ajoutés à la liste qui s'allonge sans cesse des civils qui sont devenus les victimes d'une guerre déclenchée sans avoir réfléchi aux conséquences ni élaboré une stratégie assez cohérente pour être couronnée de succès. Cela si leurs noms sont jamais portés à notre connaissance. Les représentants de leurs pays d'origine travaillent à identifier les corps et ont demandé une enquête exhaustive car selon eux les informations fournies jusqu'ici par le gouvernement mexicain sont "insuffisantes". Leurs proies sont les plus vulnérables Ces dernières victimes viennent des couches de l'humanité considérées comme inutiles par un système économique qui les pousse hors de leurs maisons et de leurs communautés pour aller chercher du travail aux USA, en dépit des risques. Le gouvernement mexicain ne les protège pas -malgré de nombreux rapports sur ces sortes de kidnapping pour extorsion dans les dernières années- et ils sont criminalisés par la société étasunienne qui se sert de leur force de travail et rejette leur humanité. Cependant ils continuent à partir vers le nord car ils ne trouvent pas de travail dans leur propre pays. Imaginez ce qu'ont été les vies de ces 72 émigrants, vies qui se sont terminées par leur mort violente le 24 août. Chacun d'entre eux a vendu sa terre et utilisé toutes ses économies ou s'est endetté pour faire le voyage vers les USA. Il n'y a pas de moyen légal d'entrer aux USA en dépit des besoins de main d'oeuvre de ce pays. Le coût du passage s'est envolé et les risques ont augmenté parce que les mesures de sécurité mises en place à la frontière américaine oblige les émigrants à louer les services de contrebandiers d'êtres humains alors qu'auparavant ils traversaient la frontière avec des guides d'émigrants. Les femmes sont particulièrement vulnérables car elles sont confrontées aux risques d'abus sexuels de la part des gangs de criminels et de la police tout au long du chemin. La crise globale tombe sur les épaules des pauvres des pays en voie de développement. Les USA adoptent des mesures pour stimuler l'emploi chez eux mais leur politique de libre concurrence a entraînée des importations qui supplantent la production locale et réduisent les subventions d'état et les fonds de soutien dans les pays du sud. Mais le débat sur l'immigration aux USA méconnaît largement les conditions épouvantables dans lesquelles les émigrants vivent dans leur pays d'origine et dans lesquelles ils voyagent vers les USA. Pourtant il existe des politiques alternatives et des moyens d'action pour les aider à développer des moyens de vivre chez eux et pour protéger les droits humains et leur donner la sécurité élémentaires auxquels a droit chaque être humain. D'après ce qu'on sait, le groupe d'émigrants trouvés morts a Tamaulipas avait été kidnappé au moment où il passait la frontière du pays. Le plus souvent les gangs du crime organisé ne se contentent pas de dépouiller les émigrants de l'argent qu'ils ont sur eux pour payer les passeurs qui leur font traverser la frontière mais ils les obligent à demander à la famille qu'ils ont aux USA d'envoyer aussi de l'argent. Aucun des gouvernements étasunien ou mexicain n'ont essayé de mettre fin au système de racket transnational, sans doute parce que les émigrants et dans la plupart des cas leurs familles aux USA sont tous des sans papiers, ce qui les place dans la catégorie des gens qui ont été illégalement dépouillés de toute protection de l'état et de tout droit à la solidarité humaine. Les autorités mexicaines qui ont en charge la protection des personnes qui se trouvent à l'intérieur de leurs frontières ajoutent au problèmes au lieu d'aider à le solutionner. Les crimes contre les émigrants ont augmenté parce qu'aussi bien la police que les criminels les considèrent comme des proies faciles. La violence de la guerre de la drogue Bien que la situation économique de leurs pays contraigne des milliers de gens à émigrer au nord chercher du travail, l'aide étasunienne s'est concentrée sur l'équipement militaire et l'entraînement des services de sécurité et des services secrets, comme, par exemple, le programme d'aide au Mexique d'un milliard et demi de dollars qu'on appelle l'Initiative de Merida. Partout dans l'hémisphère occidental, la guerre de la drogue est devenue le nouveau prétexte pour militariser un vaste secteur qui ne couvre pas seulement la lutte contre le crime organisé mais englobe la répression des travailleurs sans papiers et de l'opposition politique. Au Mexique, la stratégie de la guerre de la drogue a engendré une lutte sans merci des cartels pour le marché de la drogue et son acheminement qui ne se limite plus aux guerres entre gangs mais qui affecte la vie quotidienne (et l'heure de la mort) des habitants des villes frontalières et d'autres régions. Pour se faire une idée de la manière dont la violence engendre la violence, il n'y a qu'à regarder les Zetas. Sans entrer dans les détails, c'est un groupe d'anciens soldats d'élite mexicains formés pas les USA qui sont passés du côté du crime organisé, emmenant avec eux les tactiques pour contrer les insurgés et les méthodes de répression brutale que le gouvernement leur avait enseignées. Ils se sont associés aux infâmes Kaibiles du Guatemala qui ont la même histoire. Après avoir servi de forces armées au Cartel du Golfe, ils s'en sont séparé et ont crée leur propre cartel. Leur effort pour s'approprier les routes les plus lucratives du trafic de drogue est à l'origine de la violence de la guerre de la drogue en beaucoup d'endroits de la frontière. Comme ils sont financièrement plus faibles et qu'ils ont moins d'appuis politiques, les Zetas utilisent à fond leur avantage spécifique, à savoir la capacité de dépasser les limites de la violence ordinaire. Le massacre de ces émigrants est peut-être une réaction de rage au refus des émigrants de se laisser rançonner mais c'est peut-être aussi une occasion pour les Zetas de montrer qu'ils sont capables de briser tous les codes de conduite entre le gouvernement et les cartels. A travers les cadavres des émigrants, les Zetas envoient un message sanglant de plus aux forces armées et aux autres cartels qui se sont unis contre eux dans certaines villes frontalières. L'administration Calderon considère toute augmentation de la brutalité des cartels de drogue comme un signe de victoire. Calderon a publié un communiqué à propos du massacre où il dit : "Les Zetas se mettent à rançonner et à kidnapper les émigrants pour financer leurs activités et recruter des membres parce qu'ils ont beaucoup de mal à se procurer de l'argent et des hommes de main.... Cela est le résultat de la lutte de l'état contre eux qui a affaibli de manière significative la capacité opérationnelle du crime organisé." C'est incroyable que Calderon admette officiellement sa responsabilité, même indirecte, dans le massacre des émigrants et qu'il considère que leur brutal assassinat soit le signe du succès de la guerre de la drogue. Il a aussi ajouté qu'il y aurait encore plus de violence dans l'avenir. C'est probablement le seul élément de son discours dont personne ne doute. Le tour de passe-passe qui consiste à interpréter chaque augmentation de la violence perpétrée comme le signe du progrès de la guerre de la drogue écœure une bonne partie de la population mexicaine. Quelle quantité supplémentaire de violence le pays va-t-il pouvoir supporter ? Et quand la protestation croissante des civils atteindra-t-elle un niveau suffisant pour que les leaders mexicains et étasuniens reconnaissent que la guerre de la drogue nous a entraînés dans une spirale catastrophique qui doit être corrigée avant que plus d'innocents ne meurent ? Laura Carlsen Laura Carlsen est directrice du Programme de Politique Américaine dans la ville de Mexico. On peut la joindre à l'adresse suivante : (lcarlsen(a)ciponline.org). Pour consulter l'original : counterpunch Traduction D. Muselet pour le Grand Soir legrandsoir |
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« Du sang sur nos mains »
Alors que la plupart des médias continuent à ignorer la catastrophe des Américains installés en Irak, l’auteur Nicolas Davies refuse de le faire, et son livre « Blood on Our Hands : the American Invasion and Destruction of Iraq » n’aurait pu paraître à un autre meilleur moment. ![]() Ce travail exhaustif couvre la politique américaine en Irak qui s’étend sur plusieurs décennies et qui est écrit comme un appel à l’action pour les Etats-Unis afin de commencer le suivi du droit international – non seulement en Irak, mais partout. Ce qu’a été l’invasion des Etats-Unis et l’occupation de l’Irak, plus que tout autre, continue de souiller ce qui reste de la réputation salie des États-Unis. « La réponse de l’establishment de la politique étrangère états-unienne à cette crise de légitimité a été de se retirer de la juridiction obligatoire de la Cour Internationale de Justice ; de s’opposer à la fois à la formation et le fonctionnement de la nouvelle Cour Pénale Internationale ; de se retirer des autres traités multilatéraux ; et d’embaucher de nouveaux experts et des avocats pour concevoir des raisonnements tirés par les cheveux pour dispenser le comportement états-unien des contraintes juridiques internationaux sur une base de cas par cas mais de plus en plus systématique », écrit Davies, dans ce qui est essentiellement un prélude à une analyse brillante du pourquoi et comment les États-Unis ont détruit systématiquement la nation irakienne. « J’ai commencé avec une ferme conviction que tout ce que les États-Unis faisaient en Irak était illégitime et que tout ce que nous avons dit à ce sujet a été de la propagande, et l’indignation, je me suis senti déterminé à trouver et à exposer la réalité derrière les mensonges », Davies raconte au Truthout, et rajoute que « j’ai pu placer des événements dans un cadre cohérent d’agression criminelle, d’occupation militaire hostile et de résistance populaire car il s’agissait de la façon dont je l’ai vu tout au long ». Étudier la politique étrangère américaine a toujours été une passion pour Davies. En plus de cela, il a ajouté plusieurs livres et articles sur le droit international à sa liste de lecture et se mit à travailler. « Beaucoup dans ma motivation de passer autant de temps à rechercher et écrire sur tout cela provenait d’un sentiment de désespoir, que j’ai senti tout en observant l’agressive réponse états-unienne pour le 11 septembre, tous les problèmes réels et graves qui affligent la vie de milliards de personnes ont été placés en veilleuse et subordonnés à l’agenda du militarisme états-unien », raconte Davies expliquant sa motivation pour le livre. « La couverture médiatique a pris un tour profondément digne d’Orwell et c’est devenu un défi de juste tenter de comprendre ce qui était vraiment passé, un genre de triage qui était nécessaire pour ma propre tranquillité d’esprit ». Dans le chapitre « A Brief History of Regime Change », Davies raconte comment, en revenant au milieu du XXe siècle, un agent de la CIA en Irak qui travaillait comme adjoint d’un attaché militaire à l’ambassade égyptienne à Bagdad, a été embauché par Saddam Hussein, alors âgé de 22 ans, pour assassiner le premier ministre irakien, Abd al-Karim Qasim, le 7 octobre 1959. Saddam Hussein a failli à sa tâche et il a fui le pays après avoir été blessé à la jambe par un collègue conspirateur. La CIA lui loua un appartement à Beyrouth pour l’aider à récupérer de sa blessure, après quoi, il a déménagé au Caire, où il était un visiteur fréquent de l’ambassade états-unienne, tout en étant encore payé par le renseignement égyptien. Après que les États-Unis ont assisté Saddam Hussein dans le mouvement baasiste en Irak qui l’a propulsé dans une position de force, il devint président, le début de son règne de pouvoir coïncida avec la révolution iranienne. De cette façon, Saddam Hussein a été entièrement soutenu par les États-Unis en raison des craintes occidentales d’un Iran islamique. Davies aborde l’une des plus larges idées fausses au sujet de l’Irak – que les sunnites et les chiites étaient les uns contre les autres. Malgré le fait que le conflit principal survenant en Irak était toujours une guérilla entre l’occupation et les forces de résistance populaire luttant pour un Irak libre de toute occupation étrangère, la propagande états-unienne dépeint d’avantage un conflit « sectaire » secondaire entre les arabes sunnites et chiites que le conflit principal qui se déroule en Irak. Selon cette rhétorique dominante, les forces d’occupation étrangère qui ont envahi l’Irak et qui ont plongé le pays dans le chaos et la violence sont devenues bien intentionnées, quoique parfois frustrées, puis des soldats de la paix ou des arbitres. Davies fournit un des exemples les plus flagrants de la propagande états-unienne – le mythe du terroriste jordanien Abou Moussab al-Zarkaoui étant un important chef de file de la résistance irakienne. « Le rôle de Zarkaoui en tant que chef suprême de la résistance irakienne a été également fictif », il écrit, « un officier du renseignement militaire états-unien décrit son rôle clé dans la propagande américaine à un journaliste britannique en mars 2004 : « pendant un moment, nous avons en fait payer jusqu’à 10.000 $ aux opportunistes, les criminels et les arnaqueurs pour faire passer l’idée et la supposition que Zarkaoui, comme un fait en bêton, était le pivot de quasiment toutes les attaques en Irak… de retour à la maison ce truc a été reçu avec gratitude et a formé la base des décisions politiques. Il nous fallait un méchant, une personne identifiable au public pour se fixer dessus, et nous en avions un ». Davies énonce que ceux d’entre nous qui faisaient des reportages en Irak ont été vus comme les instigateurs de cette propagande :
Malgré le fait qu’en Irak des personnes de la même tribu appartenaient souvent à différentes sectes et interactions sociales et les mariages mixtes parmi les sunnites, chiites et Kurdes étaient monnaie courante chez la majorité laïque des Irakiens, les médias grand public dépeignaient le contraire. Selon Davies, il n’y avait une méthodologie calculée derrière cette propagande à propos de l’Irak. « Comme dans les autres entreprises néo-coloniales, les fonctionnaires de l’occupation brouillent les classes de groupe ethnique, sectaire, tribal, économique, politique et géographique et les intérêts dans une société complexe pour créer des schismes qui pourraient être exploités afin de faciliter une stratégie « diviser pour régner » ». Depuis 1958, l’unique plus grande menace à l’agenda états-unien en Irak a été une forte tradition de politique nationaliste séculaire. Dans ce cadre, aucun gouvernement irakien véritablement indépendant n’allait accepter les termes états-uniens de la privatisation de l’industrie pétrolière irakienne, ni à renoncer au pays pour les intérêts stratégiques états-uniens. Par conséquent, Davies conclut sur le thème du sectarisme, « les divisions sectaires emphatiques mais néanmoins destructrices étaient une conséquence directe de cette stratégie états-unienne de diviser pour régner sur le pays, et non pas une nouvelle phase dans certaine imagination de ce conflit qui dure depuis longtemps entre sunnites et chiites ». Truthout a demandé à Davies d’expliquer ce qu’il considère comme une connexion mortelle entre la propagande et l’impérialisme états-unien comme illustrée en Irak. « La déconnexion entre l’« Irak virtuel » dans l’esprit du public occidental et la réalité de l’agression illégale, bombardement aérien et l’assaut sur les civils et la société civile avec de puissantes armes de champ de bataille, était trop pour garder le silence dessus. Je me suis senti obligé de faire quelque chose pour exposer la réalité derrière ce qui m’a frappé comme étant la campagne de propagande militaire la plus sophistiquée dans l’histoire. Les tendances dans la politique et la propagande ont continué dans le même sens, et j’espère que le livre aura un impact sur leur ultime reprise ». Un lien direct vers cette rubrique du sectarisme est celui de la « sale guerre » en Irak. Davies écrit qu’une sale guerre « est une stratégie de terrorisme d’Etat et de la punition collective contre une population civile entière avec l’objectif de la terroriser dans la soumission ». En novembre 2003, un crédit supplémentaire de 87 milliards de dollars pour l’occupation de l’Irak incluait 3 milliards de dollars pour un programme secret dirigé par un brigadier de l’Air Force plus qui pourrait servir à financer les paramilitaires pour les trois prochaines années. C’est précisément cette période dans lesquelles les nouvelles d’Irak éventuellement dominées par les rapports des escadrons de la mort et nettoyage ethnique, ont été rapportées en étant généralement rédigées dans la langue de la « violence sectaire ». Davies décrit précisément comment les escadrons de la mort et d’autres forces utilisées pour effectuer la sale guerre ont été formés :
« Cet échec de connecter les points entre les événements connexes qui ont déjà une importance dans l’histoire publique imprègne le rapport américain sur la guerre en Irak et aux Etats-Unis la politique étrangère en général », écrit Davies, et rajoute que « cela a facilité un processus par lequel des événements, acteurs et questions sont devenus artificiellement séparés et sectionnés dans l’esprit des lecteurs. Ceci a chargé un discours public qui était décalé de la réalité et déroutant aux personnes dans d’autres pays où les médias n’étaient pas aussi profondément complices dans les activités de propagande du gouvernement ». Davies croit que l’effort états-unien continuant d’utiliser la puissance militaire pour contrôler l’accès aux vitales ressources naturelles, comme le pétrole irakien, est « vouée à l’échec ». Il estime que cela « signifie que l’occupation prendra fin, aussi sûrement que l’Union Jack (nom du drapeau du Royaume-Uni, ndt) a été retiré de Hong Kong et des autres bases navales britanniques où j’ai grandi dans les années 50 et 60 et après une plus courte période d’occupation ». Pour l’Irak, il voit que les États-Unis ont échoué « dans toutes ses objectifs » et ajoute, « une occupation réussie de l’Irak pouvait fournir une base pour attaquer l’Iran et la Syrie, mais maintenant cela complique les plans pour attaquer l’Iran tant qu’ils soutiennent cette idée ». Lorsqu’on leur demande ce qu’il espère que « Blood on Our Hands » accomplisse, Davies est clair dans sa réponse :
La préface du livre a été rédigée par Benjamin Ferencz, le procureur en chef du Tribunal Militaire (Einsatzgruppen Trial) de Nuremberg en 1947. « Si les États-Unis souhaitent reconquérir leur image comme un chef de file moral dans le monde, nous devons revenir à l’état de droit qui s’applique également à tous », écrit Ferencz, et il rajoute « comme l’a souligné Davies, le changement de politique est possible si la futilité des dernières politiques est reconnue. Les détails se trouveront dans les pages qui suivent ». Et, en effet, elles le sont. Dahr Jamail, un journaliste indépendant, est l’auteur de « The Will to Resist: Soldiers Who Refuse to Fight in Iraq and Afghanistan, » (Haymarket Books, 2009), and « Beyond the Green Zone: Dispatches From an Unembedded Journalist in Occupied Iraq, » (Haymarket Books, 2007). Durant les cinq dernières années, Dahr Jamail a travaillé en Irak occupé pendant neuf mois ainsi qu’au Liban, en Syrie, en Jordanie et en Turquie. à lire également sur le même sujet : - L’armée états-unienne dit adieu à l’Irak - Les forces spéciales américaines de plus en plus sollicitées - Irak: la destruction de l’État comme objectif de guerre Article original : « Blood on Our Hands » Traduction : Saïd Ahmiri pour le MecanoBlog |
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La voix de la Palestine (1)
Nous, les Palestiniens, nous avons une voix ; une voix forte qui ne se lasse jamais, peu importe la surdité ou le silence du monde. Nous parlons de nos souffrances, de nos aspirations et de nos espoirs quand tous les autres se taisent. Nous racontons notre histoire, l'histoire d'une terre usurpée par des colonisateurs étrangers, l'histoire d'un peuple indigène nettoyé ethniquement de sa terre ancestrale, l'histoire d'un olivier déterminé face au sionisme. Nous, les Palestiniens, nous avons une voix qui n'est peut-être pas, pour vous, aussi « sophistiquée » ou « exotique » ou « intéressante » que celle d'un Israélien parlant/écrivant sur la Palestine, ou celle d'un Américain ou d'un Européen parlant/écrivant sur la Palestine. Notre voix, la voix des Palestiniens ordinaires vivant sous occupation, n'a peut-être pas pour vous autant d'attrait que celle des « autres » qui écrivent sur notre « expérience sous occupation ». Mais nous avons une voix, une voix qui parle de la souffrance qui est quotidienne, des craintes qui sont palpables, des douleurs qui sont réelles, de la terre qui est mêlée à notre sang, une voix qui est palestinienne. Quand les Palestiniens racontent leur histoire, on y prête rarement attention, à moins bien sûr que l'histoire ne soit écrite par un non-Palestinien. Et lorsque nous, Palestiniens, nous racontons notre histoire assez fréquemment pour que certains y prêtent attention et l'écoutent, on dira : c'est de la propagande. On nous demande de fournir des « preuves » que le jeune homme assassiné de sang-froid par les forces israéliennes d'occupation (FIO) devant des dizaines de témoins n'était pas « un terroriste », tandis que les affirmations des assassins, c'est-à-dire les FIO, selon lesquelles le jeune homme qu'elles viennent d'assassiner de sang froid est « un terroriste », seront acceptées sans discussion. On ne demande jamais aux FIO de fournir la preuve de leurs affirmations ou de leurs fables, et bien sûr les dizaines de témoignages palestiniens sont écartés comme « non pertinents ». |
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Le Diable et Monsieur Obamabarack avait promis le changement
- et c'est sûr, les choses ont changé en pire Par Joe Bageant ![]() Voici un nouveau texte de Joe Bageant. Il faut que les choses soient claires, Joe Bageant est un « radical » étasunien, il parle du fond de l'Amérique profonde et nous fait entendre autre chose que les folies de Sarah Palin ou le politiquement correct de l'Obamia qui est en baisse aux Etats-Unis mais continue à être au zénith dans nos médias. Il parle d'un monde de prolos qui sont eu jusqu'au trognon et qui continuent à se faire avoir, il dénonce Wall Street, la Guerre en Afghanistan et ailleurs, le soutien à Israël et la grande peur du socialisme. Quand je lis ce qu'il dit de l'alternance républicain-démocrate, je pense à DSK et je me demande si « la marge de primo-votants, de désenchantés et d'indécis renvoyée d'un bord à l'autre devenue le tout des élections américaines » pardon françaises vont faire la fortune de ce type là en croyant réellement qu'il y aura un changement. Je soupçonne même certaines vertueuses indignation morales, quelques directions syndicales également de tout mener pour nous faire gober ce changement là... Après un tour de piste de quelques outsiders au premier tour dont l'unique fonction est de nuire à ce qui est son camp ou au contraire à l'aider à ratisser large... Donc l'Amérique que décrit Joe Bageant ressemble à la France même si continuons à croire à notre « particularisme » et il est bon de mesurer vers quoi on va si nous n'y sommes pas déjà... Mais je ne partage pas à 100% en particulier sa vision de la Chine et même ses certitudes sur la Corée du Nord, dont j'ignore tout... et d'autres boutades du même tonneau...mais cela est vrai y compris sur les articles théoriques avec lesquels pourtant ce blog ouvre le dialogue... L'essentiel est de provoquer les interrogations sur ce qui nous paraît « évident » ou « normal », je suis d'une moralité douteuse, je doute de la morale au nom de laquelle on m'invite à reproduire ce qui est admis dans ce système totalement immoral. note de Danielle Bleitrach Hé, regardez ça ! Une invitation de mes camarades rosbifs à récapituler la première année de mandat de Barack Obama1. Et bien camarades, je peux le faire de deux façons. Je peux simplement déclarer que le grand espoir café-au-lait s'est avéré être un cheval de Troie pour Wall Street et le Pentagone. Ou je peux faire provision pour la nuit d'un stock de tequila, de citrons verts et de joints, et gerber toute la misérable histoire comme un vers solitaire congolais de quelques cinq mille mots, purgé à la tequila. C'est ce que j'ai choisi de faire. Comme vous le savez peut-être, la côte de popularité d'Obama est en train de se casser la gueule. Des millions d'ex-membres de son culte se sont réveillés avec une gueule de bois carabinée pour trouver leurs poches retournées et des avis d'expulsion à la porte de leur baisodrome en carton de quatre cent mètres carrés à crédit hypothécaire. Nombre de ceux qui ont voté pour Obama par dégoût du régime Bush écoutent maintenant à nouveau les républicains sur leur autoradio tandis qu'ils roulent à la recherche d'un endroit adéquat pour cacher leur véhicule à l'huissier. Ne prenez pas cela pour un soutien au GOP (2). C'est juste le ping-pong standard de la déception et du dégoût qui vient après que la lune de miel est finie avec n'importe quel gouvernement. La plupart des affiliations partisanes des Américains sont les mêmes que lorsque Bush a été élu. Après tout, Obama n'a pas été élu sur une victoire le moins du monde écrasante ; il a obtenu cinquante et un pour cent des votes. En ce moment sa côte de popularité est dans les quarante pour cent et se dirigerait vers le bas du classement sans l'effet résiduel du festival d'amour au Kool-Aid (3), il y a un an. Cependant, des millions de libéraux(4) américains demeurent fidèles, et croient qu'Obama va se relever d'entre les morts dans la troisième année et s'élever vers la gloire. Vous les trouverez au Huffington Post(5). Ce jeu de ping-pong frustrant dans lequel la marge de primo-votants, de désenchantés et d'indécis est renvoyée d'un bord à l'autre est devenue le tout des élections américaines. Cela rend les partis républicain et démocrate tous deux très heureux, puisque cela réduit le jeu à la lutte contre l'ennemi qu'ils connaissent, l'autre, au lieu d'être forcés de faire face aux vraies questions, ou pire encore, à un candidat indépendant ou un troisième parti qui pourraient avoir une solution ou deux. Par conséquent, le jeu est limité à deux joueurs entre deux partis affairistes. L'un est le Parti républicain, qui croit que nous devrions remettre nos vies et nos ressources directement à la chambre de commerce locale, afin que la chambre puisse les livrer aux grandes sociétés. L'autre, le Parti démocrate, croit que nous devrions remettre nos vies et nos ressources à une administration démocrate - afin qu'elle puisse livrer seule notre cul aux gros chiens. Dans les grandes lignes, c'est toujours à qui livrera l'argent à la meute de hyènes de Wall Street. Les Américains commencent peut-être à saisir les grandes lignes de la politique, de l'argent et du pouvoir affairiste. Mais j'en doute. Étant donné que la plupart croient encore que la guerre contre le terrorisme est réelle, et que les terroristes se trouvent toujours par hasard près des réserves de gaz et de pétrole, il reste plein de possibilités de leur souffler de la fumée dans le cul. Particulièrement en considérant comme nous sommes conditionnés à partir dans des accès de patriotisme à la vue du drapeau, d'un aigle, ou à la mention de nos héros, même si les héros se trouvent en train de tuer et de mutiler des bébés musulmans en ce moment. Le patriotisme est une cataracte qui nous rend tous aveugles à nos contradictions nationales. Une grande partie du reste du monde semble atteinte par une cataracte similaire qui l'empêche de remarquer le gouffre de contradiction entre les dires d'Obama et ce qu'il fait réellement. Le comité Nobel a remis le prix Nobel de la paix à la personne même qui a jeté le plus de bombes et tué le plus de pauvres gens sur la planète durant cette année (6). Le même type qui a entamé une nouvelle guerre au Pakistan, renforcé la guerre en cours en Afghanistan, et continue de menacer d'attaquer l'Iran à moins que l'Iran n'admette les accusations israëlo-américaines bidons d'avoir des installations secrètes d'armement nucléaire. C'est reparti pour les armes de destruction massive(7). Quelque part dans tout ce fracas on a oublié que l'Iran réclame une zone dénucléarisée dans le Moyen-Orient depuis 1974. L'Iran a aussi été fidèle à sa position que le pétrole est un matériaux noble, bien trop précieux pour le brûler en électricité, et que l'énergie nucléaire a bien plus de sens, étant donné que notre approvisionnement alimentaire est, que cela nous plaise ou non, fondamentalement dépendant de la pétrochimie et demeurera ainsi jusqu'à ce que la population de la Terre soit réduite à au moins la moitié de ce qu'elle est maintenant. L'attitude iranienne est d'utiliser les réserves de pétrole en train de s'amenuiser aussi judicieusement que possible. À quoi le pétrolier George Bush a répondu qu'il y aurait des conséquences pour l'attitude de l'Iran. Obama a renforcé le sentiment de Bush, en déclarant que non seulement il y aura des conséquences, mais qu'une frappe militaire sur l'Iran n'est pas hors de question. Bien que les armes nucléaires soient en opposition directe avec la foi musulmane, soixante et onze millions d'Iraniens ont dû frissonner et se dire : Peut-être qu'une bombe iranienne n'est pas une si mauvaise idée après tout. Sous couvert d'être le premier président noir, Obama s'apprête à améliorer l'un des records de l'administration Bush. Il s'agit de causer un enfer dépoitraillé à quiconque est deux tons plus foncé qu'un sac en papier, particulièrement s'il porte des sandales (Obama lui-même n'étant qu'un ton plus foncé que le sac et porté sur les Cole Haan(8) pointure quarante-quatre). Jusqu'ici, deux millions de Pakistanais ont été, selon le jargon du département d'État américain, déplacés par les bombardements et les tirs soutenus par les États-Unis - qui font sûrement se déplacer un gars si quelque chose le peut. Une portion significative d'entre eux vit dans des familles d'accueil. Traduction : entassés dans des maisons bondées à dix par pièce, anéantissant les réserves de nourriture et d'eau, fracassant une infrastructure sanitaire déjà fragile, et servant de boîte de Petri géante pour les maladies intestinales et respiratoires. Bien plus vivent encore dans la zone de conflit. Ça sonne comme vivre à la porte à côté d'une querelle domestique du voisinage, n'est-ce pas ? Dieu seul sait combien de gens innocents seront encore tués dans la zone de conflit de la guerre de nécessité d'Obama. Vous savez, la bonne guerre. La guerre qui est censée contrebalancer la mauvaise et interminable en Irak, où nous continuons l'occupation et la construction de davantage de bases. Afghanistan : prends l'opium et tire-toi Et puis il y a les nobles efforts d'Obama pour combattre le terrorisme en renforçant le déploiement des troupes en Afghanistan. Le déploiement peut être interprété comme signifiant un gang bang (9) armé de style américain, dans lequel tout le monde se jette de toutes ses forces sur quelques hameaux misérables bouffés par les puces, avec des pauses périodiques pour la pizza et les jeux vidéos. Maintenant, si vous regardez le déploiement des forces américaines en Afghanistan, comparé aux forces des pays de l'OTAN là-bas, vous les trouverez sur une jolie ligne droite le long de ce qu'on pourrait aisément prendre pour une route de pipeline pétrolier. Un pipeline qui s'alimente aux réserves de gaz naturel en Ouzbékistan et au Turkménistan et, par la plus pure coïncidence, se trouve juste contourner la Russie et l'Iran voisins. Mais nous savons tous qu'il s'agit de combattre le terrorisme là-bas, pour que nous n'ayons pas à le combattre ici ! Ça joue toujours à Peoria (10), alors on s'en tient à ça. En ce moment, le coût direct des guerres américaines en Irak et en Afghanistan est de neuf cent milliards de dollars. L'intérêt résultant sur la dette, plus le gaspillage de ressources productives dans la guerre, portent le coût à trois mille milliards de dollars (d'après le Nobel d'économie Joseph Stiglitz). En comparaison, la totalité du budget gouvernemental pour l'éducation primaire et secondaire en 2009 est légèrement au dessus de huit cent milliards de dollars. Ou, pour voir cela autrement, à quel point trois mille milliards de dollars nous rapprocheraient de l'indépendance énergétique ? Comme le souligne Linda Bilmes, expert monétaire à Harvard, il n'y a aucun bénéfice quel qu'il soit pour n'importe quel Américain dont le revenu ne provient pas du complexe militaro-sécuritaire. J'ai envoyé un courriel à Obama soulignant cela, en suggérant qu'on se retire d'Afghanistan, qu'on prenne l'opium et qu'on se tire. J'ai reçu une gentille réponse disant que mon président est reconnaissant de ma contribution. Et voilà. Dernièrement il y a eu un esclandre à propos de notre petite boite à gifle dans la baie de Guantanamo, à Cuba. Malgré les promesses d'Obama de la fermer, Cigarland est toujours ouverte pour affaires. La rumeur dit que Cigarland pourrait être déménagée dans une prison de sécurité maximum sous-utilisée (on pourrait penser que la rareté des criminels dans une prison de sécurité maximum est une bonne nouvelle, mais qu'est-ce que j'en sais ?) dans la commune désespérément fauchée de Thompson, dans l'Illinois. Les locaux, là-bas, disent à la presse nationale : Bien sûr, mettez-les dans notre arrière-cour. Pas de problème. Ou : Cette ville est dans l'industrie carcérale. Les prisons, c'est nous. Ou plus brutalement : On sait comment s'y prendre avec ces cafards, et on a besoin des emplois. C'est le genre de création d'emploi que Staline aurait compris. Le bonheur est une tente chaude Mais au moins la récession est finie. Cela d'après l'éclaireur monétaire d'Obama, Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale. Pour les lecteurs britanniques pas familiers avec le système américain, la Réserve fédérale n'est pas une agence gouvernementale, malgré son nom. La Fed est un cartel bancaire délocalisé qui décide seulement quelle quantité de monnaie factice peut être imprimée et mise en circulation avec profit pour les banquiers sans ruiner leurs chaînes de Ponzi(11). Et le président de cet auguste organisme a annoncé que la récession est finie. Et bien alléluia ! Nous pouvons cesser de rouler nos propres tiges et en acheter des toutes faites, et courir avec insouciance à travers le Magasin Dollar en raflant des conserves cabossées et des chaussettes tubes chinoises à pas cher. Cela nous rend plus chanceux que les trois millions et demi d'Américains, dont la plupart menaient une vie normale il y a quelques années, qui sont à présent sans domicile. Cela inclut un million d'écoliers dormant dans des tentes, des abris et autres rafistolages, et essayant d'avoir l'air présentable chaque matin dans des établissements qui n'ont même pas la compassion de les laisser utiliser les douches de l'école. Selon les propres calculs de l'administration, le nombre de sans-domicile et de gens sans travail va continuer de grimper au moins jusqu'à l'année prochaine. Les saisies de logement, et par conséquent les pertes de domicile, ne sont pas encore au plus haut a dit Obama. Mais Bernanke a annoncé que la récession est finie. Et voilà. Une nation reconnaissante pousse un soupir de soulagement. Et par ailleurs, il a raison de dire que c'est fini. La récession est finie pour les membres les plus importants d'une société capitaliste, les oligarques et les banqsters (12), qui ont tiré des fortunes de cette récession, grâce à notre système économique unique, et peuvent retourner à leur usure de la variété commune. Les systèmes économiques sont seulement des systèmes de croyance. Ce n'est pas moi qui le dit. C'est Keynes(13). Par exemple, si les anciens Assyriens croyaient qu'un shekel valait une jarre de blé, alors il valait une jarre de blé. Le capitalisme dans le style américain a fini par étendre la croyance jusqu'au limites absolues de la fantaisie, jusqu'au point de rupture, en ce qui concerne la crédulité générale. Personne à l'étranger ne croit encore que le dollar vaut d'être plié et collé dans un porte-monnaie, et certainement pas d'être échangé pour un bon vieux shekel. Quoi qu'il en soit, qu'il s'agisse de shekels, de dollars ou d'euros, il n'y a pas de système économique du tout s'il n'y a pas de production. Et il n'y a pas de production s'il n'y a pas de boulot. D'où l'obsession des taux de chômage. Le Ministère de la vérité(14) américain a annoncé que notre taux de chômage est de dix pour cent. Je n'ai pas encore rencontré un Américain qui ne sache que le taux de chômage officiel est une complète fiction. La moitié des chômeurs - la moitié qui est resté inemployée pendant plus d'un an - est simplement effacée du décompte officiel. Pouf ! Le taux réel est quelque part autour de vingt pour cent. Mais si nous reconnaissions cela, nous devrions admettre que nous sommes à égalité avec le taux de chômage européen. Et sacré bon Dieu, nous ne pourrons jamais l'admettre. Chaque Américain comprend pleinement que le but de la vie est de s'accrocher à un boulot insignifiant ou un autre, deux si possible. Et d'après les chiffres officiels de l'État, davantage d'Américains s'agrippent à s'en blanchir les jointures au but de la vie que toutes ces mauviettes de nations européennes socialistes avec leurs soins médicaux gratuits, leurs taux de mortalité infantile bas et leurs vacances ridiculement longues. Mais la mauvaise nouvelle, que l'administration Obama reconnaît ouvertement, est celle-ci : le chômage va en toute vraisemblance augmenter. Et personne au monde ne sait comment le réduire (bien que personne au gouvernement ne soit près de reconnaitre cela). Les usines sont presque toutes parties et elles ne reviendront pas. À moins que les travailleurs américains veuillent travailler treize heures par jour pour deux yuan chinois de l'heure, ce qui fait environ trente-et-un cents. Ce qui reste d'usines américaines est en train de virer les ouvriers en raison des taux d'intérêt élevés, et attend une politique de taux d'intérêt plus bas avant de décider s'il est faisable de rappeler des ouvriers à la production. Durant leur attente ils pourront voir l'enfer geler. Les banques reconnaissent un plus gros porc quand elles le voient. Et ce porc est le secteur des crédits à la consommation (personne n'a encore réalisé que les consommateurs ont besoin d'une paye avant de pouvoir consommer quoi que ce soit, à crédit ou autrement). À cette fin la Réserve fédérale a logiquement choisi une politique de taux d'intérêt bas. Et en plein accord avec la logique bancaire, les banques ont pris l'argent de la Fed, puis ont augmenté le taux annuel sur les achats par carte de crédit, les avances en espèces et sur les comptes qui ont des pénalités en raison des paiements en retard. Ensuite ils ont augmenté les pénalités. Qu'est ce que ça peut faire ? Si les Américains sont sur la corde raide, se débattant pour effectuer leurs paiements à temps, alors la chose logique à faire est de leur en coller. Saignez-les autant que faire se peut. C'est une tradition du marche libre américain. Nous, le peuple (15), nous ne nous plaignons pas. Nous ne nous attendons à aucune compassion. L'Amérique est un commerce et la conception américaine du commerce est la pure cruauté. Un analyste de la Deutsche Bank me dit que le pire à court terme n'est pas encore venu. Les faillites de banque et les saisies de logement n'ont pas atteint leur pic. Un effondrement de l'immobilier commercial approche à grande vitesse. Il dit que, bien qu'il va y avoir des sursauts périodiques mineurs, la valeur frauduleuse du dollar est maintenant évidente tandis qu'il chute face à toutes les autres monnaies, même le rouble russe (de treize pour cent), sauf celles qui ont le malheur d'être accrochées au dollar américain. Comme le dit l'ancien sous-secrétaire au Trésor Paul Craig Roberts : Quelle sorte de reprise est-ce quand l'investissement le plus sûr qu'un Américain puisse faire est de parier contre le dollar ? Mon ami de la Deutsch Bank, qui est plus jeune et doit penser à sa famille, a pris les mesures qu'il considère comme les plus appropriées. Il achète de l'or et déménage vers un pays sous-développé d'Amérique centrale. Mais Monsieur Bernanke nous assure que le pire est effectivement passé. Malgré les sérieux doutes du monde extérieur, l'annonce de Bernanke pourrait bien circuler aux États-Unis. Nous croyons ce que nous dit notre Ministère de la vérité. Nous avons cru que la dette était de la richesse, n'est-ce pas ? Et nous avons cru aux armes de destruction massive, et nous en sommes venu à croire que la guerre est un préalable à la paix. La chose la plus triste est que les Américains sont cultivés comme des champignons de la naissance à la mort, maintenus dans l'obscurité et nourris de crottin. En conséquence, ils n'ont pas la moindre idée qu'il y a une alternative au système dans lequel ils oeuvrent selon le bon plaisir des élites affairistes et financières qui possèdent à la fois leur gouvernement et chacune de leurs heures éveillées. Cette alternative est le socialisme démocratique. L'auto-gouvernance pour le bien commun le plus large. Ce que le Ministère de la vérité a défini pour eux comme du fascisme. La santé et l'environnement ? Ha-ha-ha-ha-ha-ha-ha-ha-ha-ha-ha-ha ! Je devine que vous avez entendu parler du débat sur la réforme du système de santé en Amérique. Il n'y a vraiment pas eu beaucoup de débat, juste beaucoup de comportements de voyous et de folles histoires de commissions gériatriques de la mort à droite, et une capitulation rampante à gauche. La réforme s'est avérée un cadeau annuel de soixante-dix milliards de dollars aux compagnies d'assurance, en forçant ces quarante-cinq millions de personnes qui ne peuvent payer l'assurance à en prendre une quand même. Les dollars du contribuable compenseront la différence entre ce qui peut être essoré des travailleurs pauvres et ce que les compagnies d'assurance peuvent demander, et obtiennent parce qu'elles ont une prise d'étranglement sur les deux autres partis impliqués - les médecins et les patients. Quant aux médecins, ils l'ont joué fine(16) et ont réussi à éviter la question de savoir si leurs revenus d'un quart de millions de dollars et plus pourraient bien contribuer au coût exorbitant des soins médicaux. Même avec la majorité au Congrès, le mieux qu'Obama et les chiens-chiens affairistes du Parti démocrate ont pu trouver a été de céder entièrement à l'industrie de l'assurance. Si cela dégage une odeur suspecte, c'est la sueur de la peur froide que vous sentez. Les compagnies d'assurance ont toujours fait savoir clairement qu'elles ont des milliards à dépenser pour faire battre et détruire n'importe quel élu qui ne serait pas de leur côté. Quant à la législation environnementale, sous l'administration Obama l'écologie est pratiquement réduite à l'échange de quotas de pollution. Dans l'esprit le plus authentique du capitalisme, les sociétés vont pouvoir vendre leur pollution pour du profit, au lieu d'y mettre fin. Et même cette législation est passée tout juste à la Chambre des représentants(17). De plus, la législation environnementale a morflé à cause du crash économique, et les sondages d'opinion montrent à présent que le public américain trouve le prix trop cher. Il serait intéressant de savoir quel prix leurs enfants seront prêt à payer pour l'oxygène et l'eau. Goldstone qui ? Juste quand on pense que son pays a atteint les limites de la honte brute et les rives périphériques de l'internationalisme voyou occupées par le coréen Kim Jong-il(18)et le soudanais Omar el-Bechir(19), il vous surprend par un nouvel et pire outrage. Le dernier en date de l'Amérique est carrément à la hauteur de la négation de l'holocauste, du pur culot immodéré et abrasif - jeter le voile sur le rapport Goldstone des Nations Unies. Le rapport documente les crimes de guerre israéliens dans le ghetto de Gaza, où un million et demi de Palestiniens sont retenus misérablement en otage par Israël. Certes, les dirigeants à Gaza comme en Israël ne sont rien de moins qu'une bande de criminels. Mais l'attaque israélienne des civils et des infrastructures civiles telles que les hôpitaux et les écoles, utilisant des munitions illégales comme le phosphore blanc qui fait fondre la peau, était un crime de guerre selon toutes les définitions. Les Nations Unies et le monde conviennent qu'elle atteint et dépasse le critère de Nuremberg que les Américains ont établi pour exécuter les nazis. Mais, comme n'importe quel Américain vous le dira, les États-Unis ne se sont jamais considérés comme une partie du reste du monde ni en aucune manière obligés de s'y joindre. Alors le reste du monde n'a pas été surpris quand la Chambre des représentants américaine a voté à trois-cent quarante-quatre contre trente-six pour condamner le rapport Goldstone. L'administration Obama a promis aux groupes sionistes qu'elle ne laisserait jamais le rapport arriver dans une cour de justice. Les criminels sont en sécurité. Les sionistes ont partout jeté leur chapeau en l'air et acclamé. Les gars de l'AIPAC (20) au fond de la salle ont opiné du chef : Maintenant dit nous, député, qui est ton mec ? Je pourrais ajouter, à ce point, que je ne fais pas partie de ces adeptes des conspirations qui voient des complots sionistes partout. Les sionistes ne sont que l'un de ces opérateurs en coulisse qui ont une emprise fatale sur un certain aspect de la politique américaine. Franchement, parmi tous les arsouilles et les crapules qui asservissent la politique américaine intérieure et internationale, je crains Wall Street et les banquiers bien plus que n'importe quel sioniste (sauf peut-être cet effrayant enfoiré polymorphe, Rahm Emmanuel21 ; brrrr !). En tout cas, la plupart des Américains n'ont jamais entendu parler de l'attaque de Gaza ou du rapport Goldstone. Ils ont été empêchés d'entendre les informations du monde extérieur sur ce macabre spectre long de deux semaines. Résidant dans un pays libre d'Amérique centrale à ce moment, j'ai eu la chance (ou la malchance) d'entendre les dépêches quotidiennes venues de Gaza, malgré les efforts israéliens pour les étouffer. Le seul endroit quasiment où la machinerie de désinformation sioniste a vraiment fonctionné était les États-Unis, où elle a réussi a réprimer la couverture médiatique des atrocités et du génocide israélien. Non que cela ait demandé un grand effort. Les politiciens américains et les médias ont appris depuis longtemps, en temps qu'État client de Sion, à regarder ailleurs. Ou, si ce n'est pas possible, à soutenir l'un des mensonges préemballés commodément fournis aux médias américains par l'appareil de gestion médiatique du Likoud(22). Et par ailleurs, les Palestiniens ne sont-ils pas les enculés qui dansaient dans les rues après le 11 septembre ? Qu'ils aillent se faire foutre ! Retournons maintenant au reportage du câble sur les gagnants de l'émission L'Amérique a du talent d'hier soir, les ZOOperstars. L'homme au plan Le jour même ou commençait l'assaut sur Gaza, le 4 janvier 2009, le président élu Obama annonçait qu'il créerait ou sauverait trois ou quatre millions d'emplois durant ses deux premières années de mandat. Quatre-vingt-dix pour cent d'entre eux devaient être dans le secteur privé, dont environ quatre cent mille dans la construction de routes, de ponts, d'écoles et de réseaux à haut-débit. Quatre cent mille autres étaient prévus dans les panneaux solaires, les éoliennes, les automobiles à basse consommation ; et un million dans la santé et l'éducation. Le terme clef ici était emplois sauvés. N'importe quel emploi pas perdu va apparemment dans la colonne des emplois créés. Je suis plutôt nul en maths, mais il me semble qu'avec un chômage réel à environ vingt pour cent et en augmentation, et des pertes d'emploi dont l'administration prévoit qu'elles continuent pendant au moins une autre année, il est difficile de voir comment une telle promesse peut être réalisée. Je suppose qu'aussi longtemps qu'il restera trois millions d'emplois dans l'économie américaine, Obama pourra prétendre les avoir sauvés. Je serai le premier à admettre que cela me passe au dessus de la tête, et que c'est un sacré bon exemple de pourquoi je ne suis pas fait pour un mandat public. Et puis aussi, je n'ai jamais compris le surplus (23) de Bill Clinton non plus. Les mathématiques politiques sont faites dans une sorte d'anti-espace à quatre dimensions où les règles terrestres ne s'appliquent pas. Une chose que je sais est que pour chaque dollar qu'un travailleur gagnera dans le plan d'Obama, l'entreprise capitaliste employant le travailleur gagnera presque deux dollars. Ce type mexicain qui roule de la pelouse le long du terre-plein central de l'autoroute pour le soumissionnaire fait peut-être huit dollars de l'heure qu'il n'aurait pas gagné autrement. Mais il rapporte à son employeur environ quinze dollars cinquante dans la même heure. Quand j'étais plus jeune dans le Colorado j'ai roulé de la pelouse, embauché les Mexicains et distribué les payes, alors je le sais. La première règle des maths capitalistes est : c'est le propriétaire capitaliste qui fait les maths. Alors le plan d'Obama remplit davantage les poches affairistes que celles du travailleur. Comme c'est l'Amérique cependant, Obama a été accusé par les conservateurs d'avoir un programme socialiste, anti-capitaliste. Ces hommes d'affaire conservateurs sont plus qu'heureux de prendre l'argent. Mais la règle de base en Amérique est : Ne montrez aucune gratitude ! Mordez à mort n'importe quelle main qui vous nourrit, au cas où elle en donne plus. Peut-être même qu'elle laissera tomber tout ce qu'elle tient, afin que vous puissiez le ramasser et courir tandis qu'une foule se rassemblera pour lapider le prétendu socialiste. Mais la vérité est que les emplois d'Obama n'auraient rien fait pour aider la relance de l'économie de toute façon. Il n'y a plus d'économie à relancer. Elle a déménagé en Chine et en Inde. Des choses comme des projets routiers ne génèrent pas de capital. Dans le capitalisme les routes sont sans valeur si elles ne font pas d'argent, et elles ne peuvent pas faire de bien économiquement s'il n'y a rien en cours de fabrication à transporter dessus. De même l'éducation qui ne contribue pas au produit national brut (aussi connu comme les intérêts affairistes) en produisant des salaires supérieurs pour pomper exponentiellement le fétichisme américain de la consommation est considérée comme sans valeur. Et regardons les choses en face, l'éducation supérieure est devenue, pour la plus grande part, une autre extorsion. L'étudiant est accablé par une dette d'emprunt massive (à nouveau, il y a l'odeur de la trace du banquier-hyène dans l'air) avec la promesse d'un salaire finalement plus élevé. Ou au moins que le diplômé travaillera dans un joli magasin de vidéo chaud et sec et qu'il n'aura jamais à rouler de la pelouse. Malheureusement, le nombre d'emplois qui nécessitent des américains avec une éducation universitaire(24) - tout à fait un oxymore, étant donné le calibre des université américaines ces temps-ci - est en train de rétrécir en même temps que l'empire. Tous ces boulots d'encadrement intermédiaire de la république, tels que nous aider à tricher sur nos taxes, laver le cerveau des écoliers, et concevoir des stratégies de vente pour la bière, deviennent plus rares de jour en jour. Même l'édition de livres et la lecture des scanners médicaux sont délocalisées en Asie. Il y a une méchante rumeur selon laquelle les scanners médicaux américains seraient lus en Inde par des singes de temples bouddhistes entrainés, pour économiser quelques roupies. L'industrie médicale américaine est restée muette sur le sujet. Le plan de relance d'Obama compte que nous nous endettions plus profondément envers les Chinois. Pour l'amour du Christ, n'y a-t-il aucun dollar de nos contributions qui repose ailleurs que dans les coffres de Wall Street ? Apparemment pas. Alors le Département du trésor continue de mouliner davantage de monnaie de singe pour effectuer des paiements sur le reçu du préteur de l'empire. Un peu comme ces vieux Anglais gâteux que l'on rencontre dans les propriétés rurales du Kent, arborant les cravate militaires du régiment de la Reine, nous préférons encore nous voir comme un empire. Mais les chinois ont l'air méfiant, se demandant s'il est sage de verser davantage d'argent dans un trou à rat, en se basant sur l'affirmation du Trésor américain que l'autre bout du trou à rat sort quelque part en Chine et non à Wall Street. Les émissions de débat chinoises s'interrogent publiquement sur les emprunts américains, alors que les prochaines locomotives telles que le Brésil sont tellement mûres pour l'investissement. Vous pouvez parier que si c'est à la télévision en Chine, c'est que le public est en train de recevoir une opinion officiellement approuvée par l'État qu'ils peuvent se sentir libre de soutenir comme la leur. Le grand casse Finalement la campagne médiatique caquète et cancane(25) sur ce que le plan de relance d'Obama s'est avéré sans intérêt de toute façon. Wall Street est intervenu et a pesé sur tout le bon Dieu de pays, au cours de l'un des casses les plus culottés de l'histoire américaine. C'était un pur trait de génie en matière de vol. À la suite d'une rencontre des cinq familles, Citicorp, Bank of America, Morgan Chase, Wachovia, Taunus Corp, les cartels financiers ont dit : L'arnaque est là. Nous avons tout pris. Maintenant, si vous ne nous remettez pas toutes les économies et tous les actifs du peuple pour que nous puissions leur prêter à nouveau, toute la boule de merde en feu que vous appellez l'économie des services et de l'information va retomber sur le cul de tout le monde comme un météore géant. Alors vous pouvez charger trois mille milliards de dollars pour l'instant dans les voitures blindées alignées devant et personne ne sera blessé. Ou vous pouvez regarder l'économie nationale se ratatiner jusqu'à ce que les têtes de noeuds là-bas dans les culs-de-sac et les appartements en carton ne puissent même plus rassembler le montant de la course en taxi jusqu'à la maison des pauvres(26). C'est ta décision Barack. Il y a encore quelques âmes délirantes par là qui croient qu'Obama essaye de faire honnêtement de son mieux pour tenir ses promesses de campagne, mais qu'il ne peut simplement pas passer la meute des sociétés financières vampires et des lézards républicains à sang froid. Ce qui est vrai en un sens. Il ne peut pas passer la meute de Wall Street parce qu'il courre au milieu. La relation malfaisante d'Obama avec les puissants acteurs de Wall Street dure depuis des années. Ce n'est pas un accident si Wall Street a pu sélectionner les membres du cabinet financier du président. Mes amis mangeurs de moutons (27), c'est une triste et sordide histoire, que je n'ai ni la place ni l'estomac de raconter ici. Particulièrement depuis que de meilleurs journalistes tels que Matt Taibi(28) et d'autres l'ont écrite largement et en détail. Aux dernières nouvelles, les banques n'ont jamais sorti le pognon. Elles ne l'ont jamais laissé circuler entre les mains du peuple où même à travers des prêts commerciaux. Au lieu de cela, elles ont déclaré un profit, l'ont partagé en primes, et se sont congratulées. En effet, c'est le genre de pur talent que nous en sommes venus à attendre de la foule des MBA (29) de Yale et Harvard. S'enrichir en se ruinant. Puis devenir encore plus riche en braquant le gouvernement et la totalité du public américain, et finalement le monde entier, en laissant un nuage de cent cinquante mille milliards de dollars de dérivés toxiques encercler le monde, pour qu'il aspire davantage d'argent pour eux avant d'exploser comme une étoile noire. Et en effet les dérivés sont même astronomiques de nature. Ils représentent cent-quatre-vingt mille dollars de dette pour chaque homme, femme et enfant sur terre (bien que je ne puisse comprendre pourquoi, si l'argent n'est pas réel, nous devrions considérer que la dette est réelle). Il est impossible de construire un échappatoire à cette calamité. Il n'y a même pas assez de ressources restantes sur terre pour soutenir ce niveau de production. Pour le moment les crapules financières se sont retirées dans des villas toscanes pour savourer leur prise. Les pauvres têtes de noeuds là-bas dans l'Amérique profonde n'ont plus qu'à concevoir de nouvelles façons de cacher la bagnole familiale à l'huissier. Pas une fois, cependant, ne doutent-ils du capitalisme. Ils imaginent que ça n'est qu'un gros accident financier. Le destin. Et qu'ils vont, d'une façon ou d'une autre, trouver un moyen de s'en sortir, comme on l'a toujours fait. Ces choses-là arrivent dans une économie de marché libre et dynamique. Une nouvelle mafia emménage Pour remonter dans le temps, c'était quand l'odeur du pognon en train de s'envoler du public avait éveillé une nouvelle meute de hyènes - l'industrie de l'assurance. Les raquetteurs de l'assurance ont emménagé avec leurs propres muscles pour remplir le vide laissé par le gang de Wall Street. Le syndicat de l'assurance a expédié ses vainqueurs et ses soldats à travers les chambres du Congrès, et voilà30 ! Ils ont pu faire passer le chantage susmentionné à soixante-dix milliards de dollars par an comme une loi de réforme. Dites ce que vous voulez de mon pays, mais le pillage et l'extorsion n'ont jamais été si élégamment ritualisés, institutionnalisés et exécutés. Les gens réalistes à gauche savaient depuis longtemps que le dernier acte du capitalisme brutal américain serait une redistribution massive de la richesse, à main armée, du public vers la classe possédante à travers le secteur financier privé - que la classe possédante se trouve posséder. Mais peu se seraient attendus à ce qu'elle soit exécutée sous une majorité démocrate à la fois à la Chambre et au Sénat. Ou sous une administration démocrate menée par le premier président noir. Un blogueur libéral s'est demandé tout haut : Imaginez ce que les républicains auraient fait si John McCain avait été élu ? La même chose, frère, la même chose. Seulement avec un alibi différent. Les deux partis existent au bon plaisir des mêmes syndicats du crime. Comment se joindre aux extorsions Tel que je m'en souviens, c'est un diplomate mexicain qui m'a dit un jour que la magouille, le vol et la corruption sont socialisés dans son pays et dans d'autres pays latino-américains - démocratiquement répartis sur une grande partie de la société. Mais en Amérique, disait-il, cette sorte d'activité criminelle est législativement institutionnalisée. Seules les élites sont autorisées à pratiquer l'usure, le vol, le chantage de l'assurance et d'autres formes de pillage non-violent (le pillage violent étant réservé aux pays du Moyen-Orient renfermant du pétrole). Le premier pas pour échafauder l'une de ces extorsions est de devenir un groupe d'intérêt légalement reconnu, afin d'accéder aux acteurs parlementaires clefs que l'on souhaite corrompre ou contraindre à l'acquiescement ou à la complicité. La mafia bancaire, la mafia de l'assurance, et d'autres gros bras législatifs criminellement organisés, cartels et syndicats des matières premières, sont tous officiellement reconnus comme des groupes d'interêt opérant parmi des centaines d'autres dans ce bordel près du fleuve Potomac(31). Pour en énumérer quelques uns, il y a des groupes d'intérêt environnementaux tels que le Sierra Club(32), qui existent pour que leurs cadres puissent en tirer de gros salaires et rencontrer des vedettes de cinéma écologistes. Il y a un groupe d'intérêt pour l'éducation, qui existe pour assurer la médiocrité de nos écoles publiques. Les fabricants de munition sont un groupe d'intérêt. Les casinos et les fabricants de tabac sont des groupes d'intérêt. Il y a un groupe d'intérêt pour nous faire avaler de force du sucre de maïs, afin de soutenir les fermiers républicains du Midwest et d'assurer l'avenir des industries toujours croissantes de la perte de poids et du diabète. Il y a même des groupes de pression pour protéger les intérêts des syndicats d'autres pays, tels qu'Israël. Il y a un groupe d'intérêt pour tout sauf pour nous, les demeurés américains ordinaires. Les gens qui veulent seulement élever une famille en paix, et peut-être avoir une modeste sécurité financière à la vieillesse. Et il y a des milliers de groupes d'intérêt dont le but est de s'assurer que nous n'ayons jamais l'un ou l'autre. Nous ne sommes pas méchants, juste économes Hier je regardais un présentateur de CNN demander à deux experts : Intensifier la guerre en Afghanistan est-elle vraiment la meilleure façon d'utiliser l'argent de nos impôts ? Le meurtre, la mutilation et le déplacement de milliers de gens passés sous silence est discuté en terme d'une meilleure utilisation de capital. Une société capitaliste monétisée et déshumanisée voit tout en dollars et en cents, et en retour sur investissement. Même la mortalité infantile est évaluée de cette façon, bien qu'il soit rare que quelqu'un l'admette. Sauver un bébé du ghetto noir a une retour sur investissement faible, d'après certains analystes des services humains, en ce qui concerne leur contribution au produit national brut. J'ai réellement entendu un expert invité dans une émission de télévision dire cela. Pourtant les Américains assis devant leurs postes de télévision ne trouve pas cela le moins du monde bizarre. Ou même mesquin, encore moins le signe d'une société cruelle. Aucun Américain ne se pense cruel, ou connecté en aucune façon avec la plus grande machine de meurtre humain et écologique au monde. Aucun Américain ne doute de son droit inaliénable de conduire en rond, ou de faire fonctionner l'air conditionné, ou de boire du vin de grappes cultivées au Chili, au prix d'une guerre nationale contre l'environnement et ces peuples du monde nés parmi les ressources d'énergie. S'il y a des choses telles que la cruauté et l'injustice, ce n'est pas nous, le peuple, qui les faisons. Nous, les électeurs et les contribuables, ne sommes pas la CIA kidnappant des gens vers l'Ouzbékistan et le Turkménistan pour y être violés avec des bouteilles cassées et bouillis vivants, pour extraire ces aveux de terroristes qui entretiennent la guerre contre la terreur. Nous finançons simplement de telles opérations. Et la responsabilité ? Et bien, s'il y a une mince chance qu'un jour le monde demande des comptes à l'Amérique (ce qui n'arrivera jamais aussi longtemps que nous posséderons plus d'armement que le reste du monde réuni et que nous serons très clairement disposés à les utiliser à nos propres fins), nous, le peuple, nous pourrons exprimer notre consternation et notre dégoût en tant que citoyens. Nous, les braves gens, nous n'aurions jamais, jamais, jamais approuvé tous ces actes affreux. Et par ailleurs, il n'y a pas grand chose qu'une personne ordinaire puisse faire à ces choses là de toute façon. N'est-ce pas ? La vengeance de George le ricanant Nous n'avons pas beaucoup entendu parlé de George Bush depuis qu'il a remballé ses bandes-dessinées et déménagé pour Dallas. Mais sa politique reste comme des taches de pisse de chien pour empuantir la Maison Blanche d'Obama. La torture et les assassinats continuent, comme l'espionnage sans mandat des citoyens, ainsi que d'autres violations des libertés civiles au nom de la guerre contre la terreur. Toutes ces choses sont épouvantables pour un président qui a fait campagne pour la réforme et le changement, et qui les continue. Mais ce sont les choses que Barack Obama et sont parti n'ont pas faites, les choses sur lesquelles ils n'ont pas insisté, qui auront le plus grand effet continuel sur ce pays. Obama et les démocrates ont refusé de poursuivre Bush et Cheney, assurant que : 1) Aucun chasseur de caille en Géorgie ne sera en sûreté aussi longtemps que le pacemaker de Cheney fonctionnera(33); 2) Les précédents établis par le gouvernement le plus criminel de l'histoire américaine resteront. Jusqu'à ce qu'on les ait affrontés et rectifiés, l'Amérique n'aura pas la possibilité de guérir et de s'en remettre. Honnêtement parlant, cependant, le patient est mort depuis que la fraude des élections de 2000 est passée incontestée. Les élections étaient la seule chance qu'avait l'Amérique de pouvoir demander des comptes aux républicains de Bush pour leurs crimes. Maintenant elle est passée. Pour commencer, les occasions d'exercer des principes moraux en tant que nation et peuple sont assez rares, et elles s'évanouissent rapidement. À un certain point elles seront anéanties par les exigences de la survie de l'espèce humaine. Il ne faut pas être prophète pour le savoir. Quiconque prête attention à la population planétaire, à l'épuisement des ressources et à l'effondrement écologique le comprend au niveau des tripes. La compétition mondiale croissante pour la survie humaine ne permettra pas une telle hauteur d'esprit. Alors nous devrions exercer les principes et l'administration de la justice tant que les principes et la justice sont encore possibles. Des rationalisations sans fin sont proférées quant au pourquoi Obama n'est pas parvenu à une lieue d'accomplir les promesses et le potentiel de sa présidence, et le Parti démocrate en écrit davantage chaque jour. Les électeurs démocrates déçus s'en saisissent, et défendent chacune désespérément sur les forums de l'internet et dans des lettres à la presse. Mais nous devons utiliser nos propres capacités personnelles en tant qu'êtres humains rationnels et libres pour jauger Obama, et décider de pourquoi il est en train d'échouer. Ou de ne pas échouer. Au diable les explications officielles hautement élaborées des guerres de nécessité et les paiements d'un chantage de plusieurs milliers de milliards de dollars. George Bush a quitté ses fonctions en arborant le même rictus avec lequel il était venu. Peut-être que c'est congénital. Mais si Bush ricanait lorsqu'il a quitté ses fonctions, il doit maintenant se convulsionner d'un rire démentiel et hystérique. Non seulement sa bande s'en ait sorti sans tache, mais Obama poursuit le sombre héritage Bush-Cheney. Et, presque comme s'il s'agissait de surmonter toute la noire escapade d'une cerise d'ironie, le président le plus inéloquent de l'histoire américaine est maintenant dans le circuit des conférences motivationnelles à deux cent mille dollars pièce. Que jamais on ne dise que le Diable ne veille pas sur les siens. Les Américains se lèveront-ils un jour pour défendre leur propre bien-être commun à travers des choses telles que l'éducation, la santé et une société productive soucieuse de paix ? Nan. Parce qu'on a veillé à ce que le socialisme - l'administration de la nation seulement pour le bien commun et le bénéfice de tous sans préférence ni privilège - n'ait pas la moindre chance en Amérique. Depuis plus d'un siècle ceux qui ont tenté de faire avancer le socialisme ont été abattus, pendus, brûlés vifs dans leur lit la veille de Noël, emprisonnés, faussement accusés de crimes et faussement condamnés, et diabolisés par les élites capitalistes et l'État affairiste. La cause du socialisme a été effectivement éradiquée aux États-Unis. Peu d'Américains peuvent même définir le mot. La plupart pensent que c'est un système politique alors que c'est une philosophie sociale. Bon Dieu, la moitié des socialistes ces temps-ci pensent que c'est entièrement un système politique. Mais même si les Américains comprenaient le socialisme, ils sont trop terrifiés pour admettre un jour ses vertus, encore moins soutenir la cause publiquement. Et sans participation publique libre et ouverte à une forme démocratique de socialisme, quelque soit le nom ou l'étiquette qu'on lui donne, il ne peut y avoir de reconnaissance de l'intérêt et du bien communs du peuple. Et ainsi meurt dans une nation la philosophie sociale la plus égalitaire jamais conçue, avec très peu de chances de renaître parce qu'un tel idéal, par sa définition, ne peut exister dans l'état d'esprit étroit des banquiers et des oligarques. Bush ricane, Obama breakdance (34) dans et autour du champ de mines de ses fausses promesses, et les primes des PDG de Wall Street sont plus élevées que jamais. Comme je l'ai dit, le Diable veille sur les siens • Traduit et reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur. Les notes en marge sont du traducteur.
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La privatisation de l’occupation : Les mercenaires et les ONG (Counterpunch)
Les fanatiques du libre marché soutiennent que le secteur privé peut presque tout faire mieux que les gouvernements. Les plus fanatiques ne tolèrent pas le "presque" et affirment que même la police et l'armée devraient être privatisées. ![]() Le développement des compagnies privées de sécurité (PSC) est généralement considéré comme le résultat du succès des arguments des fanatiques du marché. Ce qui est moins commenté c'est la croissance parallèle des organisations non-gouvernementales (ONG) qui oeuvrent pour le développement de la santé, de l'éducation et des services sociaux, spécialement dans le tiers-monde, services qui étaient auparavant offerts pas les institutions publiques. De manière intéressante, au moins une personnalité interne a fait le lien entre les deux. James Fennel, conseiller de Armorgroup et ancien employé d'ONG, explique que ces organisations ont des trajectoires historiques similaires : "Le rôle croissant des entreprises commerciales de sécurité peut être considéré comme allant de pair avec le développement de la politique de la contribution technique des ONG dans les 20 dernières années pour apporter une aide officielle aux pays du sud et les assister dans leur développement." En plus de racines idéologiques similaires, les PSC et les ONG ont souvent des liens plus directs. Récemment CARE, Save the Children, CARITAS et World Vision ont tous loué les services de firmes privées de sécurité (PSC) pour protéger leurs activités à l'étranger. Inquiètes pour leur image, les ONG occidentales préfèrent dissimuler leurs liens avec les PSC mais un certain nombre d'études techniques les mettent en lumière. Une étude a montré que "toutes les organisations humanitaires importantes (c'est à dire les agences humanitaires de l'ONU et les ONG les plus importantes) avaient employé des gardes armés au moins une fois et environ 22% des plus importantes organisations humanitaires ont reconnu avec utilisé les services d'entreprises de sécurité durant l'année précédente (2007)." USAID (United States Agency of International Development) a demandé aux ONG qui étaient en mission en Irak de louer les services de gardes de sécurité privés. Corez Levine, conseiller en droits de l'homme, explique : "Mon organisation, un petite ONG qui travaille à restaurer la société civile n'a pas fait exception. Environ 40% de notre budget de 60 millions de dollars a été employé à protéger les 15 internationaux qui composent notre équipe. Notre entreprise de sécurité était sud-africaine." CARE Etats-Unis a aussi employé d'anciens militaires sud-africains pour protéger ses opérations en Irak. Peter Singer, auteur du livre "Les guerriers privés : le développement de l'industrie militaire privée" décrit la militarisation du travail des ONG en Irak. "La mesure dans laquelle les choses ont changé est illustrée par une ONG humanitaire qui a loué les services d'une PMF (firme militaire privée) pour protéger ses installations et son personnel en signant un contrat qui comportait l'emploi de tireurs d'élite." L'occupation de l'Irak et de l'Afghanistan ont augmenté les liens entre les ONG et les PSC de manière significative. En 2006 Singer a écrit : "Les représentants de l'industrie estiment qu'environ 25% des entreprises "haut de gamme" qui fournissent des services armés et plus de 50% des firmes qui fournissent du soutien logistique ont travaillé pour des clients qui étaient dans l'humanitaire." ArmorGroup, MPRI, KROLL, Olive, Southern Cross, Triple Canopy et Blackwater ont tous apparemment travaillé pour des organisations humanitaires. ArmorGroup est une des entreprises favorites des ONG. En 2002 ses client comprenaient UNICEF, CARE, CARITAS, et la Croix Rouge. ArmorGroup fait de la publicité auprès des ONG. Ils ont embauché un ancien responsable de CARE-Angleterre, James Fennel, et se présentent comme le leader de la corporation en ce qui concerne les standards éthiques. C'est peut-être vrai, mais la firme a pourtant été éclaboussé par quelques scandales. En août dernier, un de ses employés a tiré et tué deux collègues et blessé un interprète irakien. Avant d'être embauché par ArmorGroup, Danny Fitzsimons a eu quelques accrochages avec la loi en Grande Bretagne et a été licencié par une autre PSC pour instabilité de caractère. Corporate Mercenaries fait état d'un autre scandale : "Defense System Colombia (DSC), un organe subsidiaire de DSL (maintenant ArmorGroup), a été soupçonné de fournir des informations secrètes détaillées à la célèbre XVIième Brigade de l'armée colombienne pour identifier des groupes opposés à (la compagnie pétrolière) BP présents dans la région de Casanare. Ces fuites semblent avoir eu une incidence sur des exécutions et des disparitions." Southern Cross est une autre PSC qui travaille pour des agences humanitaires et qui se dépeint comme une entreprise aux aspirations morales. Mais elle a aussi un passé trouble. Southern Cross a été fondée dans la Sierra Leone en 1999 par Cobus Classsens un officier d'Executive Outcomes qui fut créé par les anciennes Forces Spéciales de l'Afrique du Sud de l'apartheid. Avant d'être démantelé Executive Outcomes incarnait tout ce qu'il y a de pire dans les entreprises de sécurité privées. Aujourd'hui, c'est Xième Service, auparavant Blackwater, qui détient ce sinistre record tout en ayant des liens propres (ce n'est pas un jeu de mot ! NdT) avec des ONG. Un rapport de 2006 de Humanitarian Policy Group affirme que Blackwater est employé par des groupes humanitaires et en février dernier, Bashir Bilour, le ministre de la province de la frontière nord-ouest du Pakistan (NWFP) a reconnu que "Blackwater se trouve au Pakistan et opère dans la NWFP ainsi que dans d'autres secteurs". Selon Bilour "Blackwater avait été engagé pour garder le personnel du consulat et les employés d'ONG étrangères." Un groupe qui prétend avoir des objectifs "humanitaires" ou de "développement" ne devrait évidemment jamais embaucher Blackwater mais comment définir une limite à ne pas franchir ? Embaucher même la plus morale des PSC pose déjà tout une série de problèmes éthiques. En louant les services des PSC, les organisations humanitaires concourent-elles au boom que connaissent les compagnies privées de sécurité ? Les PSC aiment le plus souvent faire état de leurs liens avec les ONG car elles croient que cela aide à "légitimer leur activité commerciale". Koenraad Van Brabant pose une question plus importante. En embauchant des PSC les ONG "contribuent-elles à augmenter la sécurité publique dans son ensemble" ou "cautionnent-elles une privatisation de la sécurité qui permet à ceux qui en ont les moyens de vivre en sécurité pendant que les autres vivent dans la peur" ? Le personnel des ONG a sûrement les moyens de se payer des services de sécurité mais ce n'est pas un luxe que la plupart des gens peuvent se permettre. Dépendantes des contrats des gouvernement occidentaux, les ONG suivent souvent les militaires dans les zones de guerre. Ce qui fait qu'elles sont souvent perçues comme les agents hostiles d'un pouvoir occupant. Et en conséquence elles ont besoin de services de sécurité. Est-il si surprenant que les ONG qui fournissent les services que les institutions publiques offraient auparavant se tournent vers les firmes privées de sécurité qui font exactement la même chose ? Yves Engler Yves Engler est le co-auteur de "Canada et Haïti : la guerre contre la majorité pauvre". Son livre le plus récent est "Canada et Israël : construire l'apartheid". Pour plus d'information visitez son site Web : yvesengler.com pour consulter l'original : counterpunch Traduction : D. Muselet pour le Grand Soir legrandsoir |
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Alerte aux hommes
Regardez, là-bas, au fond, à l’horizon, Derrière les vagues et la houle, Les silhouettes de diables et démons, En tourbillon arrivent en boule. Allez, allez, cachez vos œufs, Sous les herbes et les plumes, Le marteau s’abat sur l’enclume, Éparpillez-vous deux à deux. Regardez, ils arrivent arrogants, A la nage, en bateaux et croiseurs, Ils sèment la terreur et la peur, Et finiront nos oisillons d’un glouton. Volez, volez vers d’autres cieux, Là où il n y a pas les humains, Où ce serait certainement mieux, Que ce triste et pénible destin. Regardez, regardez, un peu plus loin, Juste derrière cette espèce d’abrutis, Regardez, un volcan en fusion, Et la vague géante d’un Tsunami. Volez, volez, plus haut, encore plus haut, Au dessus de la lave et de l’eau, Et gardez dans votre génome, Le souvenir de ce que fut l’homme. -- Lihidheb Mohsen eco artiste Zarzis 31.08.2010 Mémoire de la mer et de l’homme (En protestation aux risques de violation des milliers de nids d’oiseaux sur les ilots de Gataaya et Djilij entre Zarzis et Djerba) 4170 Zarzis Tunisie |
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Bil'in : condamnation et larmes
« Bil'in n'est pas le seul ni le premier, mais il est devenu un symbole du combat contre le mur. » Rédaction de Palestine Monitor La marche de protestation hebdomadaire, dans le village de Bi'liln, s'est terminée sous l'agression des Forces d'occupation israéliennes contre la foule, atteignant trois militants avec des grenades lacrymogènes, et abattant un homme d'une balle d'acier enrobée de caoutchouc dans le genou à moins de trente mètres. Ashraf Khatib a été transporté au centre médical palestinien à Ramallah, d'après le comité populaire de Bil'in. La marche est partie du siège du comité populaire, près de la mosquée de Bil'in. Des militants de diverses régions du monde avaient rejoint les Palestiniens et les habitants, formant une manifestation de 150 personnes contre la construction de la clôture de sécurité qui traverse le village. Ils chantaient : « Wahda wahda wataniya ». ![]()
Beaucoup ont mis le masque d'Abdullah Abu Rahmah, enseignant et dirigeant du combat populaire à Bil'in, condamné vendredi dernier pour « incitation » après un long procès de huit mois. « Aujourd'hui, nous sommes tous Abu Rahmah » a déclaré le chef du village avant le défilé. L'enquête sur le dirigeant non violent, appelé le Ghandi palestinien, a provoqué une critique de la part de Catherine Ashton, responsable pour les Affaires étrangères et la Sécurité à l'Union européenne. « [La condamnation] et l'emprisonnement possibles sont destinés à l'empêcher, lui et les autres Palestiniens, à exercer leur droit légitime à manifester contre l'existence des clôtures de séparation de façon non violente » lit-on dans la déclaration d'Ashton.
Le défilé a serpenté à travers les oliveraies dans la chaleur du milieu de matinée, avant de s'arrêter devant un enchevêtrement de barbelés et de béton. La tombe de marbre de Bassem « Pheel » Abu Rahme, le seul mort depuis le début des manifestations hebdomadaires, est toute proche. Le groupe s'est mis à crier sur les soldats en position de l'autre côté de la route. ![]()
L'explosion d'une grenade assourdissante a interrompu les manifestants. Les traînées blanches des grenades lacrymogènes attiraient les regards vers le ciel jusqu'à ces armes chimiques dangereuses ; c'est l'une d'elles qui a tué Bassem. ![]()
Les nuages blancs sont venus au-dessus de la foule, beaucoup de manifestants se sont mis à courir, la manifestation se trouvant coupée en deux. Vingt minutes de tirs continuels aux lacrymogènes ont décimé la foule. Deux Palestiniens ont utilisé des frondes pour lancer des pierres sur les soldats lourdement armés de boucliers et casques anti-émeute. ![]()
Un cri montant de l'oliveraie a pressé les manifestants de courir, les soldats déployant leur position de première ligne. Beaucoup ont couru vers le village à travers les oliviers ou par la route. Les uniformes gris et les fusils noirs suivaient. Les yeux ruisselaient de larmes. ![]()
« Bil'in n'est pas le seul ni le premier, » avait dit un organisateur israélien avant les lacrymogènes et les pierres. « mais il est devenu un symbole du combat contre le mur. » ![]() Des hommes se replient en courant devant l'arrivée des forces d'occupation. |
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