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Plus d’un million d’Irakiens tués sous l’occupation US
Nous reproduisons ici la première des 25 enquêtes primées par « Projet Censuré » en 2009. Il s’agit du travail de Michael Schwartz, que nous avions diffusé en 2007, et que Joshua Holland, Luke Baker, Maki al-Nazzal et Dahr Jamail ont poursuivi. Plusieurs sources officielles permettent de valider les études des sondeurs d’ORB et des démographes du « Lancet » et d’établir que l’invasion anglo-saxonne et l’occupation de l’Irak ont causé la mort de plus d’un million de civils. Cette information, qui a été relayée par les médias dans les Etats dont les gouvernement s’opposaient à la guerre, a été ignorée par les médias des Etats soutenant l’opération anglo-saxonne. Une fois de plus, il apparaît que les consortium médiatiques s’alignent sur les intérêts dominants du pays où ils se trouvent. Cet article fait suite à « Qu’est-ce que le "Projet censuré" ? », par Ernesto Carmona. ![]() SynthèsePlus de 1,2 million d’Irakiens ont succombé à une mort violente depuis l’invasion du pays en 2003, d’après une étude du prestigieux institut britannique de sondage Opinion Research Business (ORB). Ces chiffres suggèrent que les décès provoquées par l’invasion et l’occupation de l’Irak rivalisent en nombre avec les massacres massifs du XXe siècle —le nombre de personnes tuées en Irak dépasse les 800 000 à 900 000 victimes du génocide du Rwanda, en 1994, et se rapproche d’ores déjà du chiffre de 1,7 million de disparus dans les tristement célèbres « camps de la mort » des Khmers rouges, dans les années 70 du siècle dernier—. L’enquête de l’ORB a couvert quinze des dix-huit provinces de l’Irak. Parmi les zones non couvertes figuraient les deux régions les plus instables du pays —Kerbala et Anbar—, ainsi que la province d’Arbil, dans le Nord, où l’institut s’est vu notifier une interdiction de travail par les autorités locales. Il ressort des entrevues face à face avec 2 414 adultes que plus d’une personne sur cinq avait eu un mort dans son foyer à cause du conflit. Les auteurs, Joshua Holland et Michael Schwartz, ont constaté que la version officielle, selon laquelle la violence contre les Irakiens serait essentiellement exercée par les propres Irakiens et non pas par les troupes états-uniennes, est mal acceptée. Dans leur reportage d’octobre 2006, les enquêteurs de la revue The Lancet ont interrogé des Irakiens sur la façon dont avaient péri leurs proches et 56 % ont imputé ces décès à l’action des forces des Etats-Unis et de leurs alliés. Schwartz a fait remarquer que si une partie proportionnelle de la moitié du reste des morts irakiennes non attribuée a été provoquée par les forces des USA, le résultat final serait que près de 80% de l’ensemble de ces morts ont été causées directement par les Etats-Unis. Même en prenant les estimations les plus basses confirmées à la fin de 2006, il se trouve que les forces des USA sont responsables de la mort de 5 000 Irakiens en moyenne par mois depuis le début de l’occupation. Cependant, le taux des victimes mortelles en 2006 a été deux fois plus élevé que la moyenne, ce qui veut dire que la moyenne des morts provoquées par les troupes US cette année a dépassé les 10 000 par mois, soit plus de 300 par jour. Avec la vague de violence amorcée en 2007, le chiffre actuel est probablement beaucoup plus élevé. Schwartz a précisé que la logique de cette boucherie réside dans les statistiques émises par les militaires US, et divulguées par la Brookings Institution : pendant les quatre premières années d’occupation militaire, chaque jour plus de mille patrouilles ont été dépêchées dans les quartiers hostiles, avec l’ordre de capturer ou de tuer des « insurgés » et des « terroristes ». (Depuis février 2007, le nombre de ces patrouilles s’est élevé à près de 5 000 par jour, si l’on compte les forces irakiennes encadrées par les forces US). En moyenne, chaque patrouille procède à une trentaine de descentes musclées dans les maisons irakiennes, avec pour mission d’interroger, de capturer ou de tuer des suspects. Dans ce contexte, n’importe quel homme en âge de combattre est non seulement tenu pour suspect, mais pour un adversaire représentant un danger mortel. On recommande donc aux soldats US de ne pas courir de risques. Selon les statistiques militaires des USA, également rendues publiques par la Brookings Institution, ces patrouilles donnent actuellement lieu à environ 3 000 fusillades par mois, ou un peu moins de 100 par jour en moyenne (sans compter les 25 autres provoquées par les alliés irakiens). Des milliers de rondes et de patrouilles ont entraîné la mort de milliers d’Irakiens innocents, ainsi que de nombreuses arrestations d’une brutalité extrême. Les réfugiés : une crise ignorée Les tentatives des Irakiens pour échapper à la violence sont à l’origine d’une crise des réfugiés qui a pris d’énormes proportions. D’après des rapports émis en 2007 par le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés (ACNUR) et l’Organisation internationale pour la migration (OIM), prés de 5 millions d’Irakiens ont été déplacés par la violence, la plupart ayant fui le pays à partir de 2003. Plus de 2,4 millions ont abandonné leur maison pour aller chercher abri dans des zones plus sûres à l’intérieur du pays, 1,5 million se sont réfugiés en Syrie, et plus d’un million ont gagné la Jordanie, l’Iran, le Liban, la Turquie et les pays du Golfe persique. Les déplacés en Irak, dont le nombre augmente en moyenne de près de 100 000 par mois, n’ont aucun statut juridique et aucune possibilité d’emploi dans la plupart des provinces et Etats où ils se sont réfugiés, et leur situation est de plus en plus désespérée. Cependant, les Irakiens qui continuent de quitter leur foyer sont plus nombreux que ceux qui sont retournés chez eux, en dépit des versions officielles indiquant le contraire. Des milliers de déplacés estiment que la sécurité est aussi mauvaise qu’avant et que le retour signifie la mort. Et la plupart de ceux qui reviennent ne tardent pas à repartir. Les journalistes Maki al-Nazzal et Dahr Jamail ont interviewé un ingénieur irakien qui travaille actuellement dans un restaurant à Damas, en Syrie : « Retourner en Irak ? Il n’y a plus d’Irak où retourner, cher ami, L’Irak n’existe plus que dans nos rêves et nos souvenirs ! » Une autre personne interrogée a déclaré aux auteurs : « Les militaires états-uniens affirment qu’à présent Fallujah est sûre, alors que 800 hommes sont retenus là-bas dans les pires conditions… Au moins 750 des 800 hommes détenus ne sont pas des combattants de la Résistance, mais des gens qui refusent de collaborer avec les forces d’occupation et leurs auxiliaires fantoches ». Un autre réfugié de Bagdad a déclaré : « Je suis retourné dans mon foyer avec ma famille en janvier. Dès la première nuit qui a suivi notre arrivée les Etats-uniens ont investi notre maison et nous ont maintenu tous dans une seule chambre alors que leurs francs-tireurs montaient sur le toit pour tirer sur les gens. Nous avons décidé de revenir ici [à Damas] le lendemain matin après avoir passé une nuit d’horreur que nous ne sommes pas prêts d’oublier. » Mise à jour de Michael SchwartzLes statistiques de mortalité citées dans « L’occupation US de l’Irak tue-t-elle 10 000 civils par mois ou beaucoup plus encore ? » sont basées sur une enquête sur les décès causés par la guerre en Irak, publiée dans un autre article plausible pour Projet censuré. L’article original, paru dans The Lancet en 2006, a reçu une couverture dédaigneuse des médias avant de disparaître purement et simplement de la vue des lecteurs, tandis que les grands médias recommençaient à divulguer des estimations partiales qui situaient le nombre d’Irakiens morts à un dixième des calculs de The Lancet. Le blocus de l’information exercé par les consortium médiatiques s’est également étendu à mon article, et n’a pas diminué le moins du monde, même si l’article de The Lancet a résisté plusieurs vagues de critiques, tandis que d’autres études confirment ou mettent à jour son contenu. Début 2008, la meilleur estimation, basée sur des extrapolations et des reproductions de l’étude de The Lancet, a révélé que 1,2 millions d’Irakiens sont morts à cause de la guerre. Pour autant que je sache, ce chiffre n’a été relevé dans aucun média aux Etats-Unis. Le blocus de l’information sur le nombre de victimes a été accompagné d’une autre forme de censure sur une autre preuve capitale contenue dans mon article : la stratégie militaire de l’administration Bush en Irak a provoqué chaque jour de vastes destructions matérielles et une mortalité élevée. Les modes de recrutement exigent que les quelque mille patrouilles US ripostent chaque jour à tout acte hostile avec une écrasante puissance de feu —armes de faible calibre, artillerie et opérations aériennes laissent derrière elles un cortège de souffrance et provoquent de nombreuses pertes parmi la population civile—. Mais les principaux médias ont refusé de couvrir ce délit de mutilation, même après les réunions de l’organisation « Soldats de l’hiver », de mars 2003, pendant lesquelles plus d’une centaine de vétérans de la guerre en Irak ont reconnu avoir participé à ce qu’ils ont appelé « des situations génératrices d’atrocités » L’efficacité du blocus de l’information exercé par les médias a été confirmée par une enquête réalisée par l’Associated Press en février 2007, auprès d’un échantillon représentatif de résidents états-uniens, auxquels on a demandé s’ils avaient une idée du nombre d’Irakiens tués dans la guerre. La moyenne des personnes interrogées a estimé qu’ils étaient moins de 10 000, soit 2% du total réel pour l’époque. Cette ignorance grossière et générale, de même que le déroulement de la guerre en Irak n’a reçu aucune couverture médiatique, même pas de la par de l’Associated Press, qui a commandé l’enquête. L’organisation « Anciens combattants d’Irak contre la guerre » a placé la brutalité de l’occupation au centre de l’action de ses membres. Le massacre du peuple irakien est au cœur de leurs revendications. Ils exigent le retrait immédiat et total des troupes des Etats-Unis, tout comme l’organisation des historiques réunions des « Soldats de l’hiver » à Baltimore. Même si cet événement n’a été relayé par aucun des principaux médias aux USA, le flux de l’information diffusée par Pacifica Radio et le site Web de l’IVAW a enregistré un fort taux d’audience —y compris parmi un grand nombre de soldats en service actif—, avec les descriptions des atrocités commises par la machine de guerre US. Un nombre croissant de sites indépendants offre à présent une couverture régulière sur cet aspect de la guerre, dont Democracy Now, Tom Dispatch, Dahr Jamail’s Mideast Dispatches, Informed Comment, Antiwar.com, et ZNet. Mise à jour de Maki Al-Nazzal et Dahr JamailLa nomination des généraux de l’US Army David Petraeus, à la direction du CentCom et Raymond Odierno, en tant qu’adjoint de Petraeus à la tête de la Force multinationale en Irak, a soulevé le courroux des Irakiens vivant en Syrie et en Cisjordanie. Ces deux généraux, qui ont convaincu les Etats-Unis et la communauté internationale d’une soi-disant « amélioration en Irak », ne semblent par contre pas avoir réussi à convaincre les réfugiés irakiens qu’il y a eu « du mieux » dans leur pays. « Tout comme l’administration Bush a décoré Paul Bremer (le patron de l’Autorité provisoire de la coalition), d’autres ont été récompensés pour avoir participé à la destruction de l’Irak », se plaignait Muhammad Shamil, un journaliste irakien qui a fui vers la Syrie en 2006. Ce qu’ils appellent violence s’est concentré d’abord dans certaines zones de l’Irak, mais à présent le phénomène a été étendu à tout le pays par les héros de guerre des Etats-Unis. « Ceux qu’ils tuent, expulsent ou capturent se comptent par milliers, depuis Basra (dans le sud) jusqu’à Mossoul (dans le nord) ». L’espoir d’un retour se fait de plus en plus mince dans l’esprit des réfugiés irakiens. Depuis la parution de cet article, en mars 2008, la crise des réfugiés s’est encore aggravée. La situation s’aggrave du fait que la plupart de ces gens n’ont plus aucune intention de retourner chez eux et préfèrent s’établir ailleurs. « J’ai décidé de ne plus rêver de rentrer au pays, et d’essayer de construire un nouveau foyer n’importe où dans le monde », a déclaré Maha Numan, 32 ans, réfugié en Syrie. « Voici trois ans que je suis réfugié et que je caresse le rêve de retourner là-bas, mais j’ai décidé de ne plus y rêver. J’ai perdu la foi dans tous les dirigeants du monde après les vagues de violence à Basra, Al-Sadr et aujourd’hui Mossoul. Cette situation ne semble plus avoir de fin, et je dois trouver un refuge sûr pour ma famille ». « La majorité des Irakiens en Syrie sont plus au courant des nouvelles de leur pays que la plupart des journalistes. Dans n’importe quel cybercafé de Damas, chacun appelle sa ville ou son village natal et fait part aux autres réfugiés irakiens des nouvelles du jour. Les informations sur la violence qui sévit dans une grande partie de l’Irak les renforcent dans leur conviction de rester à l’étranger. « Aujourd’hui il y a eu quatre explosions à Fallujah ! », s’est exclamé Salam Adel, qui a travaillé comme traducteur pour les troupes US à Fallujah en 2005. « Et ils disent qu’on peut rentrer, que la situation est sûre ! Rentrer pour quoi faire ? Pour se faire tuer par les mines ou les voitures piégées ? » Pour l’administration Bush, il a été important, du point de vue politique, de faire croire que la situation s’améliore en Irak. Ce genre d’information a été relayé avec la complicité des médias corporatifs. Cependant, 1,5 million d’Irakiens vivant en Syrie et plus de 750 000 en Jordanie ne partagent pas cet avis. Autrement, ils seraient déjà rentrés chez eux. (A suivre )
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Pourquoi les USA ferment-ils les yeux sur les bulldozers israéliens ?
La « Palestine » n’est plus. Appelons-la « processus de paix » ou « feuille de route » ; et reprochons-le à la faiblesse de Barack Obama, à son aveu pathétique, puéril - tel un médecin optimiste qui rend un enfant malade sans espoir de guérison à ses parents - qu’une paix au Moyen-Orient était « plus difficile » à réaliser qu’il ne l’avait imaginé. Alors même que vous lisez ces mots, les bulldozers israéliens et les ordres de démolition sont en train de réduire à néant la dernière chance de paix .
Tant les Etats-Unis que l’Europe se tiennent maintenant les bras croisés pendant que le gouvernement israélien anéantit avec zèle tout espoir d’Etat palestinien ; alors même que vous lisez ces mots, les bulldozers israéliens et les ordres de démolition sont en train de réduire à néant la dernière chance de paix ; non seulement dans le centre symbolique qu’est Jérusalem elle-même mais - et stratégiquement c’est beaucoup plus important - dans 60% des vastes terres bibliques de la Cisjordanie occupée, dans cette plus grande zone où les juifs désormais sont deux fois plus nombreux que les musulmans. Cette plus grande partie de la Cisjordanie - connue avec les défunts Accords d’Oslo sous le sobriquet sinistre de « zones C » - est déjà tombée sous une législation israélienne, véritable apartheid par décret : un ensemble de lois israéliennes qui interdisent pratiquement toute construction palestinienne ou aménagement de villages, qui enfoncent sans vergogne les maisons palestiniennes pour lesquelles les permis de construire ont été impossibles à obtenir, ordonnent la destruction même des réseaux d’assainissement que les Palestiniens ont restaurés. Les colons israéliens ne connaissent pas de tels problèmes : c’est pourquoi 300 000 Israéliens vivent maintenant - dans 220 colonies, toutes illégales selon le droit international - sur les terres palestiniennes occupées les plus riches et les plus fertiles. Quand le vieil envoyé d’Obama, George Mitchell, a repris dans l’humiliation le chemin du retour, cette semaine, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fêté son départ en plantant des arbres dans deux des trois plus grandes colonies israéliennes autour de Jérusalem. Avec ces arbres, à Gush Etzion et à Ma’aleh Adumim, il a déclaré envoyer un « message clair : nous sommes ici, nous y faisons des projets et nous y construisons ». Ces deux énormes colonies, avec celle d’Ariel au nord de Jérusalem, sont « une part indiscutable d’Israël et pour toujours ». C’était ainsi fêter la victoire de Netanyahu sur ce président américain arriviste qui avait osé défier la puissance d’Israël, non seulement au Moyen-Orient mais jusqu’en Amérique. Et pendant que le monde, cette semaine, écoutait Netanyahu commémorer la mémoire de l’Holocauste pour le génocide de six millions de juifs, injuriant l’Iran en le qualifiant de nouvelle Allemagne nazie - supposant le farfelu président d’Iran aussi maléfique qu’Hitler -, pendant que le monde l’écoutait, l’espoir d’un avenir pour la Palestine continuait de partir en miettes. Le président Ahmadinejad d’Iran n’est pas plus Adolf Hitler que les Israéliens sont des nazis. Mais la « menace » de l’Iran distrait le monde. Comme Tony Blair hier, qui essaie de se défiler devant sa responsabilité sanguinaire dans le désastre iraquien. La véritable catastrophe, pourtant, se poursuit, aux abords de Jérusalem, au milieu des terres, des collines pierreuses et des grottes ancestrales, de la plus grande partie de la Cisjordanie. Robert Fisk 8 janvier 2010 - The Palestine Telegraph - traduction : JPP mardi 9 février 2010 / Info-palestine
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Manifestation pour la Palestine, 6 février 2010 : photos et vidéo
publié le dimanche 7 février 2010. ![]() manif gaza paris 06 fevriermanif gaza paris 06 fevrier DEUXintervention du comité populaire d’ al massara a la manif du 6 février
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Israël/Amérique:un poème désordonné
Nous sommes le marteau qui tombera comme un verdict Nous n’attendons pas qu’Israël ou l’Amérique ou la Cour suprême donne son approbation Nous allons boycotter Lev Leivev, Caterpillar et vos sociétés d’apartheid Nous reprenons le droit au retour et les clés d’un pays
Car qui se soucie de préserver une vie quand les gouvernements tuent les civils (Illustration d’un poème de Jehan Bseiso) Chaque fois que je pense au 11 Septembre Je vois la chair incandescente qui se détache des os des enfants iraquiens à Fallujah Maintenant Gaza Je tends à immortaliser les oubliés Les dommages collatéraux éclipsant nos crimes impunis Peut-être est-ce parce que je suis un joueur Parce que si je touchais un dollar à chaque fois qu’un Iraquien meurt depuis 2003 Je serais millionnaire Et ne vous méprenez pas Parfois, je ne sais qui je hais le plus Les gouvernements en Occident Ou les politiciens en Orient Qui vendent leur âme plus vite que le pétrole qu’ils exportent Des hommes de paille qui se servent de la Palestine comme d’un outil pour se remplir les poches Et qui ne donnent pas un sous à leur peuple Des gouvernements de collaboration Qui restent bouche cousue sous la surveillance de Washington et de l’AIPAC Comment pouvez-vous être leur type même de l’antisémite Alors que vous signez des accords de paix pour opprimer votre propre peuple ? Et quand les Orientalistes et les idiots disent pourquoi Nous ne pouvons avoir de démocratie au Moyen-Orient A cause de ce qui s’est passé à Gaza Un Hamas, dragon terrifiant, drapé dans des élections démocratiques Rahm Emanuel veut nous instruire, moi et mon peuple, sur une démocratie qui ne marche pas Pourquoi ne pas essayer d’en réaliser une d’abord en Israël ?! Au lieu de se mettre à genoux devant des terroristes comme son père et les Forces de défense israéliennes En faisant l’éloge d’une société européenne, de troisième ordre, raciste, qui implose plus vite Que sa position morale dans le monde Instruits comme les Afrikaners de 1950 et les marchands d’esclaves Ce n’est pas simplement parce que la maison est belle Que les os sur lesquels vous l’avez construite sont complètement rongés La gauche israélienne est aussi vivante que l’est Ariel Sharon J’en vomis et je suis las de les voir demander la permission de résister Ces gauchistes et progressistes archaïques Qui se soucient davantage de rester casher plutôt que de faire avancer les choses Je pose mon stylo et brandissant le poing pour résister avec les jeunes des facultés et les Palestiniens Boycott et désinvestissement ! Car qui se soucie de préserver une vie quand les gouvernements tuent les civils La complicité du silence et les unités de réserve ont bombardé Gaza Vos universitaires et intellectuels, vos groupes et hommes de théâtres font partie du problème Et si la logique ne sied pas à votre plan à long terme de rejeter Mon droit au retour, je suis désolé Peut-être un jour reviendrez-vous à la réalité Où mon peuple fait des bébés plus vite Que les sionistes ne concoctent des options jordaniennes Je ne veux pas de votre sympathie ni de vos confessions introspectives Que je ne vais pas garder entre mes mains jusqu’à ce qu’elles expirent Comme les gens de Balata et de Rafah Voter pour Barack Obama Et prétendre que son silence de 22 jours était d’or Pendant que des enfants émaciés mourraient de faim Entourés des cadavres de leurs parents Ce ne peut être l’Amérique la Merveilleuse Un criminel avec quelques attributs positifs Ne peut alléger un génocide Bombarder l’Afghanistan, le Pakistan, et l’Iraq Dans l’oubli ne vous rend pas historiques Cela fait de vous des aveugles et des sanguinaires Comme les hommes blancs qui sont venus avant vous Une jeunesse apathique excitée aujourd’hui par un président Qui s’en prend à l’histoire, mais pas à la pauvreté, à l’occupation, ni aux intérêts corporatistes Je préfèrerais marcher fièrement à travers le cimetière des accords de paix Et des séances de discussions échouées Que de voir mon peuple comme des citoyens occupés ou de troisième classe Nous sommes le marteau qui tombera comme un verdict Nous n’attendons pas qu’Israël ou l’Amérique ou la Cour suprême l’approuve Nous allons boycotter Lev Leivev, Caterpillar et vos sociétés d’apartheid Nous reprenons le droit au retour et les clés d’un pays Parce que nous ne vous avons jamais demandé de rentrer en Europe ni de rester dans des prisons à ciel ouvert Je ne vous demande pas votre avis, je vous explique la décision Vous pouvez rester ici, avec nous, mais seulement comme des égaux Ce n’est pas que vous êtes des Israéliens, c’est que vous avez tort C’est pourquoi je me bats pour mon peuple ! Remi Kanazi/The Palestine Chronicle / Poésie |
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Que font les pays arabes ?
Est-ce qu"Israël a définitivement gagné le combat et a soumis la force américaine à son profit de façon à pouvoir continuer son projet dans la région ?...Quel est le rôle des Arabes dans l’impasse dans laquelle se trouve Obama ?...Est-ce que les Arabes veulent vraiment soutenir la cause palestinienne ?" Etait-il surprenant de savoir que l’enthousiasme d’Obama pour un règlement juste en Palestine n’était autre qu’une expression de bonnes intentions dans le meilleur des cas, ou bien encore un plus de tromperie envers les Arabes qui veulent être dupés ? Or, il semble que les Arabes ne ressentent pas qu’ils ont été trompés, bien au contraire. En effet, de jeunes responsables arabes ont fait des déclarations à travers lesquelles ils ont exprimé leur compassion envers Obama qui, selon eux, est victime d’un environnement compliqué. Or, chez ces jeunes responsables, l’aide qu’on peut attribuer à Obama signifie la reconnaissance par les Arabes d’Israël. C’est-à-dire tomber entre les mains de Netanyahu et donner plus de force à Obama dans sa position pro-israélienne. La position de ces jeunes responsables peut avoir une de deux significations : ou bien ils exagèrent dans leurs bonnes intentions loin de toutes considérations politiques, ou bien ils se trompent eux-mêmes et trompent les Arabes en négligeant la nature d’Israël et son projet dans la région. De mon côté, j’ai toujours pensé qu’Obama, qui était loin des cercles politiques étrangers et qui a vécu dans un contexte de principes juridiques et de postes non-politiques au Congrès, voulait réaliser un miracle : la paix avec la Palestine sans fâcher Israël. Ce miracle est, en soi, absurde puisque c’est toujours Israël qui crée les chances lui permettant de pratiquer encore plus d’hégémonie sur la région et d’étendre son projet sioniste. Effectivement, chaque responsable sioniste qui détient le pouvoir se lance dans une course acharnée contre la montre pour inscrire son nom au tableau d’honneur sioniste. Plus il réussit à confisquer des territoires, à soumettre le monde arabe, à l’éloigner de ses revendications, c’est-à-dire réclamer des droits palestiniens, et plus il fait couler du sang arabe et musulman, plus son nom brille dans ce registre. Obama a essayé l’affrontement avec Israël et a baissé les armes de façon humiliante dès le premier affrontement. Il est le premier président qui reconnaît avoir échoué à réaliser son rêve, ce qui constitue une excuse satisfaisante pour les Arabes et les musulmans, puisque les vagues ont été plus fortes que lui. Est-ce que ceci signifie qu’Israël a définitivement gagné le combat et a soumis la force américaine à son profit de façon à pouvoir continuer son projet dans la région ? Et si Obama s’est trouvé incapable d’obliger Israël à accepter une paix qui convient à l’intérêt américain comme il le dit, pourquoi n’arrête-t-il pas de soutenir l’oppression israélienne contre les Arabes ? Pourquoi n’arrête-t-il pas les plans israéliens visant à enflammer la région ? Quel est le rôle des Arabes dans l’impasse dans laquelle se trouve Obama ? Est-ce qu’ils ont pensé qu’Obama allait faire la guerre par intérim sans qu’ils ne bougent de leur place ? Cependant, en quoi consistait l’aide que réclamait Obama ? Il réclamait encore plus de concessions : c’est-à-dire la reconnaissance d’Israël, sans que l’Etat hébreu n’exprime même une quelconque intention de réagir avec une paix réelle. En réalité, le nœud du problème n’est ni Israël ni Washington. C’est plutôt les Arabes qui pensent qu’ils ont parfaitement accompli leur devoir en proposant une initiative et qu’ils sont victimes de circonstances plus fortes qu’eux. Avec cette façon de raisonner, que peuvent faire les Arabes ? Pour répondre à cette question, il faut avant tout remettre en cause certaines vérités premières. Avant tout, est-ce que les Arabes veulent vraiment soutenir la cause palestinienne ? Est-ce que les Arabes comprennent, de façon unie, les points pour lesquels il faut lutter dans cette cause qui est sur le point d’être liquidée totalement ? Et ce, en considérant que la liquidation signifie la transformation d’un conflit arabo-israélien en conflit amer entre des parties palestiniennes, nourri par une impuissance arabe et une insistance israélienne à effacer tout ce qui est palestinien, le dernier rempart qui persiste dans cette cause. La vérité est que les Arabes ont laissé Israël faire ce qu’il veut sur le champ palestinien. C’est alors que les Palestiniens se sont divisés et leur sang a coulé alors que la puissance sioniste a protégé le sang israélien. Et pour diverses raisons, les Arabes n’ont pas insisté à réaliser une conciliation palestinienne sérieuse et à employer les cartes de force contre Israël et les Etats-Unis. Tel-Aviv et Washington ont détecté le manque de sérieux chez les Arabes. Les Arabes ne connaissent pas bien les cartes de jeu en leur possession et ne savent pas comment jouer avec ces cartes capables de changer l’équilibre des coalitions internationales. Bref, les Arabes souffrent d’un manque de volonté dans la prise de décisions. Cette volonté, les Arabes l’ont mise en gage chez leur ennemi en voulant avoir confiance en ses bonnes intentions. Et c’est ainsi qu’ils perdent leurs patries. publié par al-Ahram hebdo en français / Abdallah Al-Achaal http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahra... |
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Rapport n° 56 sur les violations israéliennes des droits humains
Les Forces d'occupation israéliennes (FOI) continuent d'agresser systématiquement les civils palestiniens et leurs biens dans les Territoires palestiniens occupés (TPO).
- la marine israélienne a continué ses attaques contre les pêcheurs palestiniens dans la bande de Gaza ; - les FOI ont maintenu un siège total sur les TPO et l'isolement de la bande de Gaza du monde extérieur ;Israël a poursuivi ses activités de colonisation en Cisjordanie et les colons leurs agressions contre les Palestiniens et leurs biens :
![]() Document public |
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L’inévitable régime binational
La stratégie du « diviser pour régner » est un moyen notoire de domination colonialiste ; toutefois, nous sommes au XXIe siècle et aujourd’hui les traditions impérialistes sont considérées comme un chapitre infâme de l’histoire du monde occidental, écrit Meron Benvenisti. L’article ci-dessous, extrait d’un livre, a été publié aujourd’hui dans l’édition de Haaretz en hébreu. Il n’a pas été publié dans l’édition anglaise du journal, mais il a été traduit par les professeurs Zalman Amit and Daphna Levitt et circule par courriel. Meron Benvenisti Les analyses rigoureuses de Meron Benvenisti hérissent souvent, aussi bien la droite que la gauche. Il a été maire-adjoint de Jérusalem dans les années 70, chargé de l’administration des secteurs arabes annexés de la ville. Dans les années 80, avant la première intifada, il a fondé et dirigé le West Bank Data Project , qui a mis en lumière les effets des politiques israéliennes. Sa conclusion la plus controversée est que ces politiques correspondent à une annexion de facto. Il a prétendu, qu’à cause des colonies (qui à l’époque n’étaient que des miettes par rapport à aujourd’hui), la situation était devenue irréversible. En conséquence, Benvenisti maintient depuis longtemps que, pour des raisons de population et de ressources, la terre située entre le Jourdain et la Méditerranée ne peut pas accueillir deux États. Parmi ses livres, on citera : Jerusalem : The Torn City (1977) ; Conflicts and Contradictions : Israel, the Arabs and the West Bank (1986) ; Intimate Enemies : Jews and Arabs in a Shared Land (1995) ; City of Stone : The Hidden History of Jerusalem (1996) ; et Sacred Landscape : The Buried History of the Holy Land since 1948 (2000). L’inévitable régime binational Meron Benvenisti Les territoires ont été occupés en 1967 comme suite à une action militaire, mais l’aspect militaire a rapidement cédé le pas à l’élément « civil » - à savoir les colonies - qui sont devenues le facteur prépondérant, subjuguant les militaires à leurs besoins et mettant les forces de sécurité au service du groupe ethnique juif. Finalement, les colonies elles-mêmes n’étaient plus aussi significatives qu’elles ne l’avaient été à une époque. Dans les années 70 et 80, le simple fait de construire et de peupler des colonies dans n’importe quel point des territoires a joué un rôle essentiel dans la création de faits accomplis politiques. Ceux qui ont implanté les colonies dans le bloc Katif de la bande de Gaza, ou au coeur de la Samarie et en Judée septentrionale ont présumé que les Palestiniens resteraient soumis à jamais ; autrement, comment expliquer pourquoi on aurait créé des villes juives au sein de populations arabes ? Les colons ont prétendu dès le début que le sionisme faisait fi de la réalité. Le sionisme a réussi, disaient-ils, précisément parce qu’il avait ignoré la réalité. Par conséquent, les arguments démographiques et géographiques utilisés contre les colons s’évaporaient dans la ferveur de leur imagination. Les colonies, pièces de musée Vers la fin des années 80, les colonies ont franchi le seuil critique au-delà duquel leur croissance démographique et urbaine était assurée. Les dirigeants des colonies ont créé avec succès un groupe de pression puissant qui chevauchait la Ligne verte. Il s’ensuit que l’infrastructure juridique et physique, qui rendait possible l’annexion de facto des territoires, était solidement ancrée. À partir de là, le nombre de colonies, et même la taille de leur population, sont devenus sans importance parce que l’appareil de domination israélienne avait été raffiné au point de brouiller totalement la distinction entre Israël proprement dit et les territoires occupés, et entre d’une part, les colonies de Cisjordanie et de la bande de Gaza et d’autre part, les communautés juives à l’intérieur d’Israël. De même, la confiscation de terres a cessé d’avoir principalement pour but d’y construire des colonies, pour devenir avant tout le moyen de gêner les mouvements de la population palestinienne et de s’approprier son espace physique. Dans le nouveau paradigme, les colonies ne sont plus importantes en tant qu’instruments de contrôle spatial. La barrière/mur de séparation et ses portes, les « routes stériles » et une myriade de règlements militaires se sont substitués aux colonies en tant que symboles du sionisme. Néanmoins, la plupart des colonies, aussi bien grandes que petites, ont continué à gaspiller les ressources publiques à une échelle colossale tout en prétendant à tort qu’elles étaient « le noyau de l’entreprise idéologique sioniste » et qu’elles étaient nécessaires pour sa sécurité. Quarante ans après la création de la première colonie, « la colonie » - tout comme le kibboutz et le mochav et comme les colonies entourées de palissades et dotées d’un mirador de la période antérieure à l’État- est devenue une autre pièce au musée des antiquités sionistes. L’âge de l’idéologie est terminé ; la construction de colonies et leur démantèlement sont devenus un passe-temps dépassé sans incidence réelle sur les développements politiques, si ce n’est comme symbole et moyen de mobiliser aussi bien la droite que la gauche. La tentative de désigner les colonies - et les colons - comme les principaux obstacles à la paix est un alibi pratique, masquant l’implication de tout le corps israélien dans le maintien et l’expansion du régime de coercition et de discrimination dans les territoires occupés et la préservation des bénéfices qu’il en retire. À la fin des années 80, après deux décennies d’occupation, le contrôle israélien des territoires situés au-delà de la Ligne verte est devenu quasi permanent, et la souveraineté s’exerçait uniquement vis-à-vis des résidents palestiniens : en ce qui concerne les citoyens israéliens et leurs intérêts, l’annexion des territoires est un fait accompli. Définir les territoires comme « occupés » est en fait une tentative de donner un caractère temporaire à leur situation qui se terminera « lorsqu’il y aura la paix » et cela permet de ne pas résoudre « entre-temps » les dilemmes immédiats. Le terme est une béquille pour ceux qui recherchent des précédents optimistes, leur permettant de croire que cette occupation se terminera, comme toutes les autres avant elle. Ce choix linguistique contribue donc à masquer et noyer la réalité des territoires, encourageant ainsi le maintien du statu quo. Un statu quo quasi stable La poursuite du statu quo crée une situation quasi stable : la communauté juive - réseau décousu de cultures et de tribus ethniques en tension permanente - est soudée par l’inimitié de « l’Autre » palestinien et par sa volonté de le gouverner. L’unité vis-à-vis du monde extérieur lui permet de maintenir son contrôle et de mettre en oeuvre avec succès une stratégie de morcellement de la communauté palestinienne. La stratégie du « diviser pour régner » est un moyen notoire de domination colonialiste ; toutefois, nous sommes au XXIe siècle et aujourd’hui les traditions impérialistes sont considérées comme un chapitre infâme de l’histoire du monde occidental. Au fil de trois générations, le peuple palestinien a été réduit en miettes. Il a non seulement été écrasé par la force, mais a également assumé des identités fractionnées et s’est soumis aux programmes qui lui étaient dictés : l’Autorité palestinienne représente ostensiblement le peuple palestinien, mais en fait elle ne représente que la partie palestinienne vivant en Cisjordanie et se débat dans le « processus de paix » pour améliorer les conditions d’un quart seulement de la nation palestinienne tout entière. Les habitants de Jérusalem-Est veulent uniquement qu’on les laisse tranquilles et ne veulent pas être forcés (« par patriotisme » à renoncer aux privilèges dont ils bénéficient en tant que résidents israéliens ; dans le débat sur le détachement des quartiers arabes périphériques, les habitants de Jérusalem-Est veulent rester annexés à Israël. Les Israéliens palestiniens (« Arabes israéliens se battent pour qu’on les reconnaisse en tant que « minorité nationale » et exigent des droits individuels et collectifs égaux sous le régime israélien. Ils n’associent pas leur lutte à celle de leurs frères qui vivent de l’autre côté du mur / barrière de séparation. Les Israéliens palestiniens se battent pour « l’égalité » et leurs « droits de citoyens » tandis que les Palestiniens des territoires occupés se battent pour « l’autodétermination ». Les militants du Hamas de la bande de Gaza ne s’intéressent pas aux implications de leur rhétorique pour les intérêts de l’ensemble de la nation palestinienne. Quant aux Palestiniens de la diaspora, ils continuent à trimballer les clés de la maison qu’ils ont quittée en 1948 et rêvent du « Retour ». La division des Palestiniens en sous - communautés n’a pas encore atteint son accomplissement et les contraintes politiques, économiques et sécuritaires approfondissent le retranchement des identités divisées, qui assument lentement des caractéristiques culturelles et même linguistiques séparées. Au fil des générations, l’entreprise sioniste - dont le développement a défié la communauté arabe palestinienne, et a donc contribué à son unification en un groupe national distinct - est devenue la force dominante sous l’emprise de laquelle la communauté palestinienne a éclaté. Processus du morcellement palestinien Le morcellement est devenu le principal outil du contrôle israélien désireux de préserver sa domination sur Israël/Palestine depuis le fleuve jusqu’à la mer. Le morcellement lui sert d’assurance contre la « menace démographique » puisque très bientôt, les Palestiniens auront la majorité numérique dans la région. La communauté juive au pouvoir continuera, même lorsqu’elle deviendra minoritaire, à imposer ce morcellement aux Palestiniens en utilisant la carotte et le bâton habituels, en dictant le programme, en menaçant, en maniant les punitions collectives et les pots de vin. Ceci préservera, voire approfondira, le manque de coordination, la divergence d’intérêts des communautés palestiniennes divisées et assurera la domination de la communauté juive - intérieurement fragmentée, mais donnant une image extérieure de cohésion - sur les Palestiniens morcelés, assurant par là même le statu quo. Durant les années 60 et 70, la politique de morcellement visait une minorité d’ « Arabes israéliens ». Maintenant, elle est mise en oeuvre d’une manière extrêmement sophistiquée pour 5 millions de Palestiniens, sans attirer guère d’attention. Ce n’est pas par accident que la propagande israélienne n’a pas intérêt à mettre en lumière les réalisations du morcellement ; au contraire, Israël agite le spectre de la « menace existentielle » contre un adversaire monolithique, afin de rallier des partisans contre « les forces sombres de l’islamofascisme. En cela, les sionistes sont inconsciemment aidés par les milieux de gauche et le « camp de la paix » qui restent attachés à la notion romantique d’un peuple palestinien soudé, uni dans sa lutte pour la liberté. À eux se joignent des porte-parole palestiniens qui considèrent que parler du succès du morcellement relève d’une propagande hostile. Même ceux qui sont au courant sont surpris quand on attire leur attention sur l’étendue du processus de morcellement. Leur attention est détournée vers des questions marginales et plusieurs organisations concurrentes appuient chacune un groupe fragmenté, exécutent des programmes différents et retiennent l’attention, exacerbant par là même, le morcellement et la confusion. Le paradoxe est que les tentatives sérieuses d’aborder des programmes palestiniens séparés qui prétendent contester le statu quo, ne font en fait que le renforcer. La place proéminente des « relations internationales » et le discours diplomatique en sont l’exemple le plus frappant. Des négociations inutiles et de longues discussions entre experts sur des « questions clés » se poursuivent pendant des décennies sans produire de changement dans les arguments et les contre-arguments éculés tandis que la réalité est transformée et que le « processus de paix » sert de rideau derrière lequel s’est retranchée la règle du diviser pour régner. Un concept unique de souveraineté La position sioniste traditionnelle consistant à nier l’existence même d’une nation palestinienne ne peut pas servir de réponse à la demande palestinienne d’autodétermination dans les territoires occupés. Néanmoins, les Israéliens cherchent à limiter ce concept à un quart seulement des Palestiniens, ceux qui vivent en Cisjordanie. À leur intention, ils ont inventé un concept d’ « État » unique : sa « souveraineté » sera éparpillée, privée d’infrastructures physiques unies/intégrées, sans liens directs avec le monde extérieur et limitée à la hauteur de ses bâtiments résidentiels et à la profondeur de ses tombes. L’espace aérien et les ressources en eau resteront sous contrôle israélien. Les patrouilles d’hélicoptères, les ondes hertziennes, les manettes des pompes à eau et les interrupteurs électriques, l’enregistrement des résidents et l’émission de cartes d’identité, ainsi que les laissez-passer d’entrée et de sortie, seront également contrôlés (directement ou indirectement) par les Israéliens. Cette caricature ridicule d’un État palestinien, décapité et sans pieds, sans avenir , sans aucune chance de développement est présentée comme l’accomplissement du but de symétrie et d’égalité inhérent au vieux slogan « deux États pour deux peuples ». Il a l’appui, même des partisans loyaux du « Grand Israël » et le « camp de la paix » traditionnel se réjouit de son triomphe. Des pans importants du « camp de la paix » israélien qui croit fermement dans la « partition de la terre » comme principe métapolitique, sont contents ; ils croient qu’ils ont gagné le débat idéologique, historique avec la droite. Maintenant, ils peuvent charger toute la tragédie palestinienne sur une entité qui englobe moins de 10 % de la Palestine historique. En outre, ce serait la solution pour tous les réfugiés à l’extérieur de Palestine « qui peuvent rentrer dans le mini État palestinien » et aussi offrir une solution pour les Palestiniens israéliens qui peuvent obtenir leurs droits collectifs dans un État palestinien. C’est en fait une solution bon marché et pratique ; après tout, elle se base en apparence sur le modèle vénérable du « conflit national » et la solution classique de deux États pour deux peuples. Mais comment se fait-il qu’Ariel Sharon, Ehud Olmert et Benyamin Netanyahou, rejetons du « camp nationaliste » soient devenus les champions de l’ « État-nation palestinien » ? Qu’est-ce qui les a amenés à croire qu’il n’y a qu’une seule entité collective légitime - les Palestiniens étant simplement des bandes terroristes - pour déclarer que le conflit est national et que par conséquent la solution consiste en une partition entre « deux États-nations » ? La cause en est les Palestiniens, qui en lançant l’intifada d’al-Aqsa ont obligé les Israéliens à se rendre compte qu’ils sont irrépressibles et ne peuvent être ni ignorés ni déportés. L’intifada a forcé les Israéliens, pour la première fois de leur histoire, à délimiter les frontières géographiques de leur expansion, à construire des barrières et des barrages routiers et à abandonner les zones peuplées risquant de renverser l’équilibre démographique. Les zones restantes, fragmentées et non viables, peuvent être déclarées comme l’État palestinien. Effacer de la conscience Cette prise de conscience a coûté cher aux relations inter communautaires. Les événements violents de l’intifada ont amené le public israélien - juif à une croisée des chemins dans ses relations avec ses voisins - ennemis. Pour la première fois depuis que la rencontre tragique a commencé il y a plus d’un siècle, les juifs ont tourné le dos aux Palestiniens, les ont effacés de leur conscience, les ont emprisonnés derrière des murs impénétrables. Les juifs ont voulu se rassembler dans un ghetto et ont prié pour que la Méditerranée soit à sec afin qu’un pont puisse être construit pour les relier à l’Europe. Cette mentalité se manifeste dans les deux monuments récemment construits et dont le symbolisme dépasse la valeur fonctionnelle : la gigantesque barrière/mur de séparation et l’aéroport colossal de Ben Gourion. Le mur a pour fonction de cacher les Palestiniens et de les effacer de la conscience israélienne, tandis que l’aéroport sert de porte d’évasion. Ostensiblement, cela n’est pas nouveau : le public juif a toujours aliéné et ignoré les Arabes. Mais c’était une indifférence intime , similaire à la manière dont une personne approche sa propre ombre ; elle peut l’ignorer, mais elle ne peut jamais s’en débarrasser. Le processus de désengagement mental est continu, mais il n’y a pas de doute que l’apparition des commandos- suicides l’a accéléré. Il ne pouvait pas y avoir de considération intime pour une culture qui alimente un phénomène aussi monstrueux et les Palestiniens étaient par conséquent complices dans le divorce qui leur était imposé. Les milieux racistes de droite ont exploité la situation et ont transformé des émotions diffuses en un plan pratique de « transfert » (ou expulsion) et de refus des droits civiques ; les militants des droits humains se sont opposés aux injustices et se sont heurtés à l’indifférence ; les mouvements politiques excellent à effacer les Arabes de la conscience israélienne ; et ceux qui mettent en garde (tout cela est une illusion) qu’il est impossible d’effacer des millions d’êtres humains, sont traités avec hostilité. La droite israélienne manifeste du mépris à l’égard de la « racaille » arabe et croit qu’il est possible de contrôler les Arabes par des tours de passe-passe et des menaces, tandis que la gauche israélienne joue avec des plans de paix théoriques et se garde de s’impliquer dans les difficultés quotidiennes de la population palestinienne ; ensemble, ils répètent tous le slogan « nous somment ici et eux sont là-bas ». Statu quo durable Il est réaliste de conclure qu’Israël continuera à gérer le conflit en fragmentant les Palestiniens. Le statu quo perdurera aussi longtemps que les forces qui souhaitent le préserver sont plus fortes que celles qui désirent le saper et telle est la situation aujourd’hui en Israël/Palestine.Après près d’un demi-siècle, le système de gouvernement israélien connu sous le nom d’ « occupation » - qui assure le contrôle complet de tout agent ou processus qui met en danger la domination totale de la communauté juive ainsi que les avantages politiques et matériels que celle-ci accumule- est devenu de plus en plus sophistiqué de façon empirique, réaction non planifiée à quelque code génétique de la société colonisatrice qui a supplanté l’autre. Ce statu quo, qui semble chaotique et instable est beaucoup plus solide que la description conventionnelle de la situation parlant d’une « occupation militaire temporaire » ne le laisserait penser. C’est précisément parce que le statu quo est essentiellement trouble et mal défini que son ambiguïté assure sa durabilité : il se prête à des interprétations différentes et conflictuelles et semble préférable aux scénarios apocalyptiques ; c’est pourquoi il est persuasif. Le statu quo volatile survit grâce à une combinaison de plusieurs facteurs : 1. Le morcellement de la communauté palestinienne et l’excitation des fragments restants les uns contre les autres. 2. La mobilisation de la communauté juive en faveur du régime d’occupation, perçu comme une sauvegarde de son existence même. 3. Le financement du statu quo par les « pays donateurs ». 4. Une stratégie à l’égard des pays voisins donnant la priorité aux intérêts bilatéraux et mondiaux plutôt qu’à la solidarité ethnique arabe. 5. Le succès de la campagne de propagande connue sous le nom de « négociations avec les Palestiniens » qui convainc beaucoup que le statu quo est temporaire et que par conséquent ils peuvent continuer à s’amuser avec les alternatives théoriques à « l’arrangement du statut final ». 6. La réduction au silence de toutes les critiques en les taxant de haine et d’antisémitisme ; répulsion à l’égard de qui oserait dire que le statu quo est durable et ne sera pas facilement changé. Changements internes Il ne faut pas déduire que le statu quo est gelé ; bien au contraire, les mesures prises pour le perpétuer entraînent des conséquences à long terme. Le détachement de Gaza n’est pas temporaire, mais quasi permanent et il affectera l’avenir du peuple palestinien. Avoir détaché Gaza de la Cisjordanie a créé deux entités séparées et Israël peut inscrire une autre victoire à son actif dans le processus de morcellement : 1,5 million de Palestiniens sont en voie de réaliser une caricature d’État qui comprend 1,5 % de la Palestine historique où habitent 30 % de son peuple. Le canton cisjordanien, dont la surface rétrécit rapidement sous l’effet d’une colonisation de masse est considéré comme le coeur des Palestiniens sous occupation. Toutefois, il subit des changements politiques et économiques rapides qui ressemblent à ceux qu’ont connu les Palestiniens israéliens après 1948, avec des différences évidentes en raison des circonstances historiques et de la taille de la population. Il semble que beaucoup de Cisjordaniens se soient véritablement lassés de la violence qui les a conduits au désastre, ce qui oblige les Israéliens à tenir compte du caractère non-violent de le leur lutte et de l’accumulation par leur communauté de pouvoir économique et socioculturel. Tous ces changements, ainsi que d’autres, intervenus dans le statu quo, sont significatifs, mais restent internes et se déroulent sous le contrôle d’Israël qui peut les accélérer ou les ralentir en fonction de ses intérêts. Toutefois, sans la permission, ou du moins l’indifférence des puissances extérieures, le statu quo ne pourrait pas durer. Des contributions financières massives libèrent Israël du fardeau que représente le coût énorme du maintien de son contrôle sur les Palestiniens et créent un système de corruption et d’intérêts acquis. L’existence artificielle de l’Autorité palestinienne perpétue en soi le statu quo parce qu’il alimente l’illusion que la situation est temporaire et que le « processus de paix » y mettra bientôt fin. Disparités économiques Habituellement, l’accent porte sur l’inégalité politique et civile et le refus de droits collectifs que le modèle de partition - ou le modèle de partage du pouvoir - est censé résoudre. Mais l’inégalité économique, l’iniquité plus importante encore et plus dangereuse qui caractérise la situation actuelle ne seront corrigées par aucune des deux solutions. Il y a un écart gigantesque dans le produit intérieur brut par habitant entre Palestiniens et Israéliens : il est de plus de 1 : 10 en Cisjordanie et de 1 :20 dans la Bande de Gaza ; il y a également une disparité énorme dans l’utilisation des ressources naturelles (terres, eau). Cet écart ne peut pas durer sans la force des armes mise en oeuvre si efficacement par l’établissement de défense israélien qui applique un système de contrôle draconien. Même la plupart des Israéliens qui s’opposent à « l’occupation » ne veulent pas y renoncer parce que leur bien-être personnel en pâtirait. Tous les systèmes économiques, sociaux et spatiaux de gouvernance dans les territoires occupés sont conçus pour maintenir et sauvegarder les privilèges israéliens et la prospérité des deux côtés de la « Ligne verte » aux dépens de millions de Palestiniens captifs et appauvris. Il faut donc rechercher un paradigme différent pour décrire l’état des choses plus de 40 ans après que Israël/Palestine est devenu à nouveau une unité géopolitique suivant 19 ans de partition. Le terme « régime binational de facto » est préférable au paradigme occupant/occupé parce qu’il décrit la dépendance mutuelle des deux sociétés ainsi que les liens physiques, économiques, symboliques et culturels qui ne peuvent pas être rompus sans un coût intolérable. Décrire la situation comme étant binationale de facto n’indique pas qu’il y ait parité entre Israéliens et Palestiniens ; bien au contraire, la description souligne la domination totale par la nation juive - israélienne sur une nation palestinienne morcelée, aussi bien territorialement que socialement. Aucun paradigme d’occupation militaire ne peut refléter les bantoustans créés dans les territoires occupés qui séparent une population libre et prospère, ayant un PIB brut de près de 30 000 $ par habitant, d’une population dominée, incapable de façonner son propre avenir, ayant un PIB de 1500 $ par habitant. Aucun paradigme d’occupation militaire ne peut expliquer comment la moitié des zones occupées (« zone C ont été essentiellement annexées, laissant à la population occupée des terres séparées sans existence viable. Seule une stratégie d’annexion et de domination permanente peut expliquer la vaste entreprise de colonisation et les énormes investissements effectués dans les logements et l’infrastructure. Histoire du dilemme binational - partition Le dilemme binational/partition n’est pas nouveau pour les deux mouvements nationaux. Les Palestiniens, qui ont rejeté la résolution de partition des Nations unies de 1947, ont dit dans leur convention nationale que la Palestine est « une unité territoriale intégrale ». Ce principe est devenu dans les années 70 le concept d’une « Palestine démocratique non sectaire (ou laïque) ». En 1974, l’OLP a abordé dans sa réflexion politique l’idée de la partition. Elle a adopté le Plan par phases : « nous continuerons à lutter pour obtenir les droits du peuple palestinien au retour et à l’autodétermination dans le contexte d’un État palestinien national indépendant dans toute partie du sol palestinien, à titre intermédiaire, sans compromis, reconnaissance ou négociation ». En 1988, l’OLP a toutefois modifié cette stratégie par le biais des négociations pour arriver à la formule actuelle de partition en suivant les lignes de l’armistice de 1967. Donc les Palestiniens n’ont accepté l’option de partition qu’il y a 20 ans. Jusque vers le milieu des années 40, le sioniste a officiellement défini son objectif national final exclusivement par la transformation de la Palestine Eretz Israël en une entité indépendante ayant une écrasante majorité juive. L’objectif final de tous les mouvements nationaux (création d’un État souverain) était sous-entendu les sionistes s’identifiant comme un mouvement de libération nationale. Toutefois, le débat sur les avantages qu’il y avait à mettre l’accent sur l’objectif final s’est poursuivi pendant toute l’histoire du mouvement sioniste. Le leadership officiel s’est efforcé de formuler des objectifs politiques intermédiaires et ceux-ci ont changé en fonction des conditions politiques. Dans l’ordre chronologique, ses objectifs ont été : un foyer national, une immigration sans restriction et la création d’une majorité juive, un « sionisme organique » (c’est-à-dire colonisation et un secteur économique juif indépendant) ; le partage du pouvoir (« parité avec les Arabes (indépendamment de la taille de la population) ; un État binational ; une fédération de cantons juifs et arabes ; la partition. Ce n’est qu’au début des années 40, que les sionistes ont ouvertement et officiellement soulevé la demande d’un État juif souverain. Les objectifs territoriaux du mouvement sioniste étaient également ambigus. L’accord sur la partition de la Palestine (1936, 1947) a été accepté par beaucoup comme une simple phase dans la réalisation des aspirations sionistes, mais aussi (par certains) comme un compromis fondamental avec le mouvement national palestinien. Pendant la période du mandat, l’idée binationale été jugée acceptable par l’établissement sioniste, notamment par Haïm Weizman et David Ben Gourion. Il faut toutefois rappeler que les juifs étaient en minorité et que leur exigence d’un État juif était insolente ; le partage du pouvoir et même la parité semblaient préférables. En outre, une fédération de cantons aurait pu aplanir l’énorme avance démographique arabe. Le choix entre le binationalisme et la partition a été fait deux fois : en 1936, la commission Peel a rejeté le plan de cantonisation de l’Agence juive et a choisi la partition ; en 1947, l’assemblée générale des Nations unies a voté en faveur de la partition et a rejeté le plan minoritaire proposant un État fédéral. Seul un groupe marginal d’intellectuels juifs considérait l’État binational comme la seule manière d’éviter un conflit sanglant permanent. Ces intellectuels ont essayé de copier le modèle suisse ; ils ont accentué le principe de la parité, mais ne sont pas entrés dans les détails. De fait, il n’était pas nécessaire de le faire puisque, tant les Palestiniens que les sionistes rejetaient l’idée binationale et la plupart des juifs la considéraient comme une trahison. Le mouvement Hashomer Hatzsair a adopté certains des éléments du modèle binational, mais la création de l’État en 1948 a mis fin à cette initiative. Ce fut le triomphe de la notion selon laquelle le sionisme ne peut être réalisé que par un État juif souverain, et ceux qui osent contester ce précepte sont considérés comme des traîtres. Après la guerre de 1967, la droite politique israélienne a joué avec le concept du binationalisme sous une forme conforme à son idéologie (le plan d’autonomie). L’idéologie du Likoud a rejeté le caractère « transitoire » de l’occupation israélienne, mais sa croyance dans le « Grand Israël » s’est heurtée à la réalité démographique ; les cercles libéraux du Likoud (dirigés par Menachem Begin) se débattaient dans le fameux dilemme : un État juif ou démocratique ? La réponse de Begin se fondait sur le système (failli) qu’il avait connu en Europe de l’Est après la première guerre mondiale - non territorial, autonomie culturelle et communale pour les minorités ethniques en vertu des traités relatifs aux minorités de la Ligue des Nations. Le plan d’autonomie de Begin avait été modifié dans les accords de Camp David (1978) et on y ajouta les éléments territoriaux. Le modèle d’Oslo a repris beaucoup d’éléments (fortement modifiés) du plan d’autonomie de Begin et les accords d’Oslo peuvent être considérés comme des arrangements binationaux parce que les pouvoirs territoriaux et légaux de l’Autorité palestinienne sont intentionnellement vagues ; l’enveloppe extérieure des frontières internationales, le système économique, voire l’enregistrement de la population, restaient sous contrôle israélien. En outre, les accords complexes d’Oslo exigeaient une coopération étroite avec Israël, ce qui, du fait de l’énorme disparité entre son pouvoir et celui de l’Autorité palestinienne signifiait que l’AP était simplement une autorité municipale ou provinciale ennoblie. Donc en l’absence de tout processus politique, une structure binationale de facto a été implantée bon gré mal gré. Une description non pas une prescription La chose n’est plus à débattre ; la question n’est pas de savoir si une entité binationale sera établie, mais plutôt de quel type d’entité il s’agira. Le processus historique qui a commencé en conséquence de la guerre de 1967 a progressivement abrogé l’option de partition, si celle-ci a jamais existé. Par conséquent, le binationalisme est moins un programme politique ou idéologique qu’une réalité de facto déguisée en situation temporaire. C’est une description de la situation actuelle et non pas une prescription. 22 janvier 2010 - JFJFP - Cet article peut être consulté ici : 4 février 2010 - Meron Benvenisti - Info-palestine |
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